«Aménagement numérique et développement durable des territoires»
Commissariat
Général au Développement Durable, Rapport, Paris, Novembre 2008, 32 p.
En
préliminaire à ce rapport, l’on lit : «depuis une décennie, les
technologies numériques et internet transforment en profondeur l’économie mondiale, mais aussi les modes de
communication, de vie ou de consommation».
Et de
continuer : «simultanément, l’impact environnemental de l’activité
humaine, tant à l’échelle de la planète qu’aux
échelles nationales et locales, s’est accentué et engage notre avenir, rendant nécessaires des décisions politiques globales et
partagées. Au cœur des territoires, les politiques
d’aménagement numérique et les démarches développement durable ont vocation à se rencontrer».
En France
par exemple, note le rapport, un premier cycle s’achève pour l’aménagement
numérique des territoires : l’accès à
l’internet haut débit et à la téléphonie mobile se généralisent et les
initiatives locales d’accompagnement et de formation au
numérique assurent un premier maillage territorial pour lutter
contre le risque d’une «exclusion numérique» d’une partie de la population.
Aujourd’hui,
note-t-il, «un nouveau cycle d’action publique en faveur du développement d’une
société numérique s’ouvre avec le
déploiement des réseaux en fibre optique, l’accélération de la convergence des technologies (fixe, mobile,
internet, TV, téléphonie...) et l’émergence de nouveaux
services et de nouvelles pratiques numériques (web 2.0, visites virtuelles,
jeux,
visiotéléphonie, réseaux sociaux...)».
Or,
observe le rapport, depuis plusieurs années, les collectivités territoriales
s’impliquent fortement par la mise en œuvre
de plans climat d’une part, et de plans d’aménagement numérique d’autre part, mais «sans que soient clairement
établies de passerelles entre ces deux domaines d’action
publique. Pourtant, le numérique apporte des solutions concrètes, efficaces,
souvent mesurables pour développer des
activités compétitives et respectueuses de l’environnement, repenser une économie localisée, reconsidérer la
mobilité, rendre les bâtiments plus intelligents, favoriser l’implication et la
participation des citoyens, mieux former et éduquer,
c’est-à-dire agir au quotidien pour engager résolument nos territoires dans une logique de développement durable».
Comment
faciliter l’accès de tous aux services apportés par le numérique ?, s’interroge
le rapport.
Sa
réponse porte sur trois niveaux :
+ Mieux
impliquer les communautés locales dans une ambition collective d’accès à l’internet très haut débit fixe et mobile dans les
dix prochaines années, pour un développement
durable et solidaire des territoires,
+ Mobiliser
les espaces publics numériques sur les enjeux de développement durable (inclusion
numérique, accès aux services publics, télétravail, travail collaboratif),
+ Et mobiliser
les communautés locales sur le développement du télétravail.
Il
faudrait, en conséquence à cela, «impliquer les élus de proximité (communes,
intercommunalités) sur le sujet du très haut débit, par exemple
au moyen d’un guide des bonnes pratiques pour préparer le déploiement du très
haut débit au service du
développement durable des territoires».
Il
faudrait, en second lieu, «imaginer le système de solidarité nationale qui
permettrait le déploiement du très haut débit pour tous, y
compris dans les territoires les plus ruraux».
Il
faudrait enfin, «préparer des outils et un cadre méthodologique pour faciliter
la concertation locale autour des questions
d’aménagement numérique des territoires (implantation des pylônes de téléphonie
mobile, travaux de génie civil, réutilisation des
emprises existantes sur le domaine privé, etc.)».
Quels
bénéfices apportés par le numérique pour le développement durable des territoires ?
Les
bénéfices sont incontestables, note le rapport, mais à condition, pour les
communes les plus rurales ou les zones de rénovation urbaine notamment, de
créer les conditions d’une mutualisation
des équipements et des dispositifs d’accompagnement permettant de réunir en un
même lieu Espace Public Numérique (EPN).
En même
temps, lesdites communes doivent «préparer les EPN à l’évolution des usages du
numérique, notamment à l’évolution des services aux publics,
en étudiant les nouveaux besoins de la population (dans le domaine de la santé, de l’éducation, du développement durable, du travail à distance, de la co-production
culturelle, etc.)».
Comment
évoluera la participation du citoyen à la gouvernance des territoires à l’ère du numérique et du développement durable?
Elle
évoluera, selon le rapport, par la valorisation des initiatives des territoires
en matière d’innovations numériques et
durables, et à travers la préparation de la
gouvernance des territoires numériques et durables de demain.
Elle
évoluera aussi par la mise en place de «schémas régionaux ou interrégionaux de
développement du télétravail associant l’ensemble
des acteurs (Etat, collectivités locales, chambres consulaires, organisations
professionnelles et syndicales, etc.)».
Elle
évoluera par ailleurs, par le renforcement du maillage des territoires en
télécentres, en lien avec le maillage en espaces publics numériques
et en site de services aux publics.
Yahya
El Yahyaoui
Rabat,
15 Avril 2010