«Une convention de partenariat pour la
coopération culturelle et le développement entre la France et le
Maroc»
Brisepierre.
P, Rapport, Sénat, Paris, Avril 2008, 27 p.
1- En préambule, l’auteur du rapport
dit ceci : «sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, le Maroc s’est résolument
engagé dans la voie de réformes, aussi bien au niveau politique, qu’économique
ou social. Ces réformes s’accompagnent d’un rapprochement avec l’Union européenne,
qui constitue un objectif stratégique de la politique étrangère marocaine».
Au niveau
politique, dit-il, «les élections législatives du 7 Septembre 2007, ont été
marquées par un succès en termes d’organisation et de transparence, malgré une
faible mobilisation de l’électorat. A l’issue de ces élections, le Roi a
désigné M. Abbas El Fassi, Secrétaire général de l’Istiqlal, le parti ayant
obtenu le plus de sièges au scrutin, au poste de Premier ministre le 19
septembre 2007».
Des
avancées sont également à relever en matière de droits de l’homme, estime-t-il,
«avec la création d’un Conseil consultatif des droits de l’homme, et la mise en
place de l’instance équité et réconciliation, afin de faire la lumière sur les
violations des droits de l’homme entre 1956 et 1999, ou encore l’adoption d’une
loi sur l’interdiction de la torture. D’importantes réformes de société ont
également été engagées ces dernières années, comme la modernisation du droit de
la famille, et l’adoption d’un nouveau statut juridique de la femme marocaine».
Sur le
plan économique, le Maroc enregistre une reprise de la croissance, qui a été de
8% en 2006, mais qui a été plus faible en 2007 en raison de la sécheresse. Si
le secteur agricole occupe toujours une place importante (qui contribue de 11 à
18% au PIB selon les années) dans l’économie marocaine, l’activité non agricole
est en progression, notamment dans les secteurs industriel et tertiaire, du
bâtiment, des télécommunications et du tourisme.
Au niveau
social, le Roi a lancé en 2005 un programme intitulé «Initiative nationale pour
le développement humain» (INDH). Il «s’agit d’une stratégie globale de lutte
contre la pauvreté intégrant l’habitat, les infrastructures de base, la santé,
l’éducation et l’emploi. Ne disposant pas de ressources à la hauteur de ses
besoins de développement, et devant faire face à un défi démographique, 52% de
la population a moins de 25 ans, le Maroc se caractérise par de fortes
inégalités sociales, une partie importante de la population vivant sous le
seuil de pauvreté (15%)».
2- Depuis longtemps, note l’auteur par
ailleurs, les autorités marocaines ont fait le choix stratégique du
rapprochement avec l’Union européenne. En février 1996, un accord d’association
entre l’Union européenne et le Maroc a été signé, remplaçant ainsi l’accord de
coopération de 1976. Le Maroc occupe aussi une place centrale dans le cadre du
«processus euro méditerranéen», lancé par la Conférence de Barcelone de Novembre
1995, qui fixe notamment comme objectif la création d’une zone de libre échange
en 2012.
Le Maroc
aspire à aller plus loin, et à obtenir un statut avancé intermédiaire entre
l’adhésion et le partenariat. Le projet d’ «Union pour la Méditerranée»,
résultant d’une initiative de Nicolas Sarkozy, et qui devrait être officiellement
lancé sous présidence française de l’Union européenne le 13 Juillet prochain, «devrait
permettre de renforcer encore les liens entre les deux rives de la Méditerranée
et, en particulier, entre nos deux pays».
Et le
rapport de rappeler : avec des échanges commerciaux de 6,2 milliards
d’euros en 2007, la France est le premier partenaire commercial du Maroc. Elle
est aussi le premier fournisseur du Maroc, ainsi que son premier client. Les
exportations françaises se sont élevées à 3,5 milliards d’euros en 2007, ce qui
représente 16% des importations marocaines.
Les exportations
du Maroc vers la France ont été de 2,5 milliards d’euros en 2007, et ont
représenté 28% des exportations de ce pays. Premier créancier public du Maroc
(13% du total des créances), la France détient également la place de premier
investisseur étranger. Les investissements directs s’élèvent en moyenne à 1,18
milliards d’euros par an, soit 56,7% du total des investissements reçus par le
Maroc, rapporte l’auteur.
La France
est aussi le premier pays d’origine des transferts des Marocains résidant à l’étranger,
avec un montant de 1,9 milliard d’euros en 2006, soit 43% du total des
transferts des marocains résidant à l’étranger.
Les
entreprises françaises comptent près de 500 filiales au Maroc, employant plus
de 114 000 personnes.
En même
temps, le Maroc est le premier partenaire de la France en matière d’action culturelle
et d’aide au développement : «le réseau d’établissements scolaires
d’enseignement français à l’étranger, est le plus important au monde. Il
comporte 28 établissements, dont 23 établissements de l’Agence pour
l’enseignement français à l’étranger, accueillant plus de 25000 élèves, dont
une majorité de nationalité marocaine».
Les
étudiants marocains dans les universités françaises, au nombre de 30 000
constituent le premier contingent d’étudiants étrangers en France.
En
matière de coopération, la France est le premier bailleur de fonds bilatéral du
Maroc, avec une aide publique au développement bilatérale annuelle moyenne de
188 millions de dollars, pour la période 2001-2005.
En 2006, l’aide
bilatérale de la France a représenté 220 millions d’euros, soit 53% du total
des aides bilatérales versées par les pays de l’OCDE. La contribution totale de
la France, y compris par le biais d’organisations internationales, comme
l’Union européenne, est de 270 millions d’euros, soit 40% de l’aide de l’OCDE.
3- La présente convention de
partenariat pour la coopération culturelle et le développement, a été signée à
Rabat le 25 Juillet 2003. Elle vise à renforcer la coopération entre les deux
pays, et fixe comme objectif l’établissement d’un véritable partenariat
stratégique.
Cette
convention vient, rappelle le rapport, «rénover une précédente convention de coopération
culturelle, scientifique et technique, conclue entre la France et le Maroc en
1984. L’objectif visé est d’adapter le cadre des relations entre nos deux pays à
certaines évolutions, dont la dimension euro-méditerranéenne», la convention de
1984 couvrant, en effet, un champ étroit et intégrait mal les questions de
développement, aujourd’hui prioritaires pour le Maroc. En outre, sa structure
institutionnelle était fort lourde.
En
rénovant les structures instituées par la précédente convention de coopération
de 1984, «la présente convention met en place un dispositif opérationnel, qui
repose sur un Conseil d’orientation et de pilotage du partenariat (COPP), cinq
comités sectoriels et thématiques (CST) et des comités ad hoc, un Forum du
partenariat et un Fonds incitatif de coopération».
Le
Conseil d’orientation et de pilotage du partenariat est l’instance centrale
chargée d’assurer la sélection, le suivi et l’évaluation des projets. Il a
notamment pour mission de définir les axes et les priorités de coopération.
Les cinq
comités sectoriels et thématiques prévus par la convention (le comité à l’enseignement
scolaire, l’université et la recherche; le comité justice et modernisation du
secteur public; le comité du développement humain durable; le comité échanges
culturels, jeunesse et sport et audiovisuel et le comité d’appui institutionnel
aux opérateurs économiques, aux administrations financières, à l’emploi et à la
formation professionnelle) sont «chargés de soumettre au Conseil de coopération,
des propositions d’actions de coopération dans les domaines relevant de leurs compétences
respectives.
Le Forum
du partenariat est crée pour «mieux prendre en compte les besoins de base de la
population marocaine dans les domaines de l’éducation, de la santé et de
l’habitat notamment».
Le Fonds
incitatif de partenariat est destiné à financer des études, des audits et des évaluations,
permettant d’informer les deux parties sur la qualité des actions entreprises.
«La
convention de partenariat pour la coopération culturelle et de développement
permettra de renforcer les relations entre la France et le Maroc, en vue
d’établir un véritable partenariat stratégique entre les deux pays »,
estime le rapport.
En effet,
«face aux défis futurs, comme la lutte contre la pollution, la régulation des
flux migratoires ou la réduction de la pauvreté, le rapprochement des deux rives
de la Méditerranée est, une nécessité». La présente Convention pourrait en
constituer une pièce centrale, nous laisse-t-on entendre.
Yahya
El Yahyaoui
Rabat,
15 Mai 2008