Le
système éducatif finlandais fait figure de modèle, le pays arrivant au premier
rang des enquêtes de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique
(OCDE), observe le rapport.
Dans ce pays
de 5,3 millions d’habitants, et où la densité de la population n’est que de
15,7 habitants par kilomètre carré, la petite taille des établissements (lesquels
n’accueillent pas plus de 300 à 350 élèves pour la majorité d’entre eux) est un
atout majeur.
A l’heure
actuelle, la scolarité est obligatoire de 7 à 16 ans et gratuite jusqu’à 18
ans. Néanmoins, «l’obligation porte sur l’apprentissage et non sur ses
modalités, liberté étant donnée aux familles de l’organiser elles-mêmes si elles
le souhaitent».
Le ministère
de l’éducation pilote l’ensemble du système éducatif finlandais. Il dispose à
cet effet de la direction nationale de l’enseignement (Finnish National Board
of Education, FNBE), agence créée en 1991 et placée sous la tutelle du
ministère de l’éducation, dont le champ d’action est très étendu puisqu’elle
couvre l’enseignement primaire et secondaire, les activités extrascolaires, la
formation professionnelle et continue, ainsi que l’enseignement fondamental
dans le domaine artistique.
Les lois finlandaises
en la matière sont très concises, «elles définissent les objectifs de
l’enseignement au niveau national et non les moyens de les atteindre. C’est
ainsi, par exemple, que chaque municipalité a l’obligation d’organiser
l’enseignement de base, mais elle est libre d’en définir les modalités.
De même, chaque école peut choisir son matériel pédagogique ou la
répartition des matières dans le cadre fixé par la loi. Enfin, les
communes jouent un rôle prépondérant en tant que fournisseurs
d’éducation et sont responsables de l’administration locale».
Par
ailleurs, le système d’enseignement finlandais est quasi gratuit. Ainsi, en
2001, «97% des étudiants ont suivi un enseignement dans un établissement
financé par les fonds publics, de même que respectivement 92% et 83% des élèves
des lycées et des écoles professionnelles, en 2004, 98% de l’éducation
fondamentale était financée par de l’argent public et il existe très peu d’établissements
privés (entre 50 et 60)».
Les
établissements privés sont placés sous contrôle public. Ils suivent le cursus
national et l’orientation professionnelle générale décidés par la Direction
nationale de l’enseignement. Ils reçoivent également le même niveau de
financement public que les écoles publiques.
En même
temps, le financement de la formation est partagé entre l’Etat et les autorités
locales, l’Etat finançant en moyenne 57% et les communes en moyenne 43% des
coûts de fonctionnement de l’enseignement primaire et secondaire. Cette moyenne
recouvre une diversité de situations, «l’Etat pouvant assumer de 40 à 45% des coûts,
jusqu’à 70% pour les communes géographiquement les plus isolées. Ces coûts
étaient initialement établis selon le critère du coût annuel moyen d’un élève,
depuis la réforme, le calcul est basé sur un critère démographique qui permet
de prendre en compte la position géographique de la commune et le nombre
d’élèves dans l’enseignement spécialisé, dont le coût est supérieur».
S’agissant
de l’investissement, il fait l’objet de subventions spécifiques mais réduites
de l’Etat. Ce dernier finance l’essentiel des investissements des écoles
professionnelles, au niveau de l’enseignement secondaire et supérieur.
La
plupart des établissements scolaires sont pris en charge par les communes ou
les communautés de communes. L’éducation constitue par conséquent le deuxième
budget des villes après les services sociaux (la Finlande compte environ 350
communes pour 5,3 millions d’habitants).
Quant aux
enseignants, «ils peuvent choisir librement leurs méthodes et leur matériel
d’enseignement. Ils choisissent les manuels, décident du contenu des cours et
des modalités d’évaluation, sont chargés de la discipline, sont en contact avec
les parents, doivent se concerter avec les autres enseignants de leur matière
et de leur classe. Ils suivent leurs élèves le plus longtemps possible dans
leur scolarité». Le recrutement des enseignants s’effectue par voie d’élection
par le conseil d’école ou le conseil de direction du lycée, et par leur
directeur. En cas de sélection, leur période d’essai est de six mois.
Le
système éducatif finlandais est fondé sur un principe très simple, note le
rapport : l’élève ne doit pas s’adapter à l’école mais l’école doit s’adapter à
l’élève. De ce principe découlent l’organisation du système
éducatif et les méthodes pédagogiques employées au sein des
établissements, mais aussi la formation des enseignants.
C’est
aussi un système fondé sur l’équité et sur la priorité donnée à l’éducation. En
effet, «dans un pays de petite taille et à faible population comme la
Finlande, garantir un accès égal quels que soient le milieu
familial et la situation géographique est très important. C’est pourquoi le
Parlement accorde une priorité à l’enseignement de base». En même
temps, rares sont les jeunes Finlandais quittant le système scolaire avant
l’âge de 16 ans. Une politique d’assistance précoce et de soutien (scolaire
et/ou psychologique) à l’école est mise en place dès qu’un problème est identifié.
S’agissant
des étudiants dans l’enseignement supérieur, ils perçoivent 550 euros par mois,
quels que soient les revenus de leurs parents, à la double condition d’étudier
à plein temps et de progresser dans leurs études. La Finlande est ainsi le pays
où l’équité en matière éducative est la plus forte.
En outre,
«la différence de score entre les deux extrêmes, les meilleurs élèves et les
moins bons, est beaucoup plus réduite que partout ailleurs. La disparité de
résultats entre établissements est la plus faible de tous les pays de l’OCDE et
l’impact de l’origine socio-économique des parents sur la réussite scolaire des
enfants est beaucoup moins prédominant qu’ailleurs. Enfin, le taux d’abandon
scolaire est très faible, quelque soit le niveau d’études».
L’autoévaluation
est très pratiquée dans les écoles finlandaises, et ce dès la petite enfance. Les
enseignants par matière procèdent aux évaluations conformément aux objectifs
inscrits dans le programme de formation. L’évaluation «fait partie du travail
quotidien et un rapport par élève est établi au moins une fois dans l’année. Un
rapport intermédiaire supplémentaire peut également être rédigé au moins une
fois durant l’année scolaire. La progression est évaluée en permanence et au
moyen de tests effectués par l’enseignant. A cette fin, les enseignants d’une
même discipline et d’un même niveau travaillent ensemble».
C’est
dire qu’une importance toute particulière est accordée à l’autoévaluation et à
l’évaluation externe. En revanche, «il n’existe pas de système d’inspection par
l’Etat, le corps d’inspecteurs ayant été supprimé en 1991. Un Conseil
d’évaluation de l’enseignement, rattaché au ministère de l’éducation mais
indépendant, est en fonction depuis avril 2003. Il est responsable de la
planification, de la coordination, de la gestion et du développement de
l’évaluation de l’enseignement fondamental et du second degré».
Yahya
El Yahyaoui
Rabat,
13 Mai 2010