Mondialisation
et autoroutes de la communication : quels enseignements pour le
Maghreb ?(*)
Introduction
Depuis
le début des années 80, aussi bien aux Etats-Unis, en Europe qu’au Japon et
dans le Tiers-Monde aussi, les termes de multimédia, d’Internet, d’autoroutes
de la communication et de mondialisation ont été largement abordés de façon non
seulement générique mais aussi généreuse par les médias et les entrepreneurs,
par les hommes politiques et les intellectuels.
Cet
incontestable regain d’intérêt concernant le rapport des nouvelles technologies
de l’information et de la communication à un phénomène économique relativement
récent (la mondialisation) a été, en grande partie, suscité par un engouement
sans précédent d’hommes politiques et de groupes industriels en quête de
projets fédérateurs et d’initiatives de grande envergure.
Trois
constatations fondamentales s’imposent à l’observation de cette nouvelle donne
éminemment technologique et économique dans ses déterminants, géopolitique et
stratégique dans ses « dominants » et ses prolongements :
-
La première constatation est que la cristallisation des enjeux technologique et
économique de cette nouvelle donne s’est essentiellement faite autour de
grandes ruptures dont les technologies de l’information et de la communication
ont été, depuis plus d’une décennie, sinon l’objet du moins le théâtre (I).
-
La deuxième constatation tient au fait que les grands bouleversements, dits
d’ordre réglementaire et institutionnel des dernières années, présentés comme
étant d’origine largement technologique, ont été fondamentalement dictés par
des considérations d’ordre éminemment économique et stratégique (II).
C’est
aux, d’ailleurs, confluences de ces
deux données majeures que les projets d’autoroutes de la communication trouvent
leur justification première sinon leur véritable raison d’être (III).
-
La troisième constatation est relative à la puissance contagieuse que cette
nouvelle donne des années 90 a eue sur les discours prévalant chez les élites
au pouvoir dans les pays du Tiers-Monde et dans les pays du Maghreb en ce qui
concerne la problématique de cette intervention (IV).
I- Grandes
« ruptures » technologiques et nouvelle donne des années 90
Il
est, de nos jours, communément admis ( ou presque) que le contexte dans lequel
est apparue la dynamique des autoroutes de la communication ne peut être
dissociée des grandes ruptures (ou présentées comme telles) ayant marqué les
technologies de l’information et de la communication depuis au moins le début
des années 80 : le lancement des premières n’auraient pu voir le jour ni
se concrétiser sans la force et la puissance des secondes, supposées en être la
condition permissive quoique étant techniquement insuffisante.
Quatre
grandes ruptures » sont généralement avancées pour décrire et expliquer
les déterminants foncièrement technologiques de ces autoroutes de la
communication : la numérisation , la fibre optique, la commutation
par paquets et les hauts débits.
1-1-L’apport de la numérisation
Si
l ‘apport de la numérisation est généralement présenté comme étant
révolutionnaire, ce n’est pas seulement parce que celle-ci s’est imposée comme
mode exceptionnel de traitement, de transport et de stockage de tous les types
d’informations disponibles, mais parce qu’elle a surtout permis la convergence
de trois grands secteurs de la communication (les télécommunications,
l’informatique et l’audiovisuel) opérant, jusqu’à tout récemment, dans des
espaces largement autonomes et selon des logiques de conflit sinon habilement
déclarées, du moins subtilement latentes et gérées : ce mouvement de
convergence (dont une grande partie est en perspective) a fondamentalement
accéléré la tendance à l’interpénétration des frontières entre les trois
technologies et à la redistribution des territoires traditionnels des métiers
des principaux acteurs y opérant.
Aujourd’hui, « les produits audiovisuels peuvent
être distribués avec une certaine interactivité (notion de vidéo à la demande)
même à travers le réseau télématique. Le téléviseur et l’ordinateur se
rapprochent ; le premier va s’enrichir de nouvelles fonctionnalités et
accéder à de nouveaux services (et même au réseau Internet), grâce à des
décodeurs perfectionnés ; le second permettra d’assister à des émissions
télévisées après être devenu…communicant puis multimédia. Le monde du téléphone
accède à l’image grâce à la visioconférence rendue possible par le Réseau
Numérique à Intégration de Services, avec cependant des performances limitées
et demain, peut être, avec le visiophone dont le succès n’est cependant pas
assuré.
L’accès des réseaux informatiques à la commutation
les a rapprochés des réseaux téléphoniques »(1) grâce notamment au
développement de la commutation par paquet qui essaie de tirer le meilleur
parti de la commutation de circuit.
1-2-Le support « fibre optique »
Si
l’idée d’utiliser les ondes optiques dans le domaine des télétransmissions
n’est pas nouvelle, les progrès techniques de ce support qu’est la fibre
optique a placé les technologies de l’information et de la communication dans
une situation inédite.
Ceci
est d’autant plus vrai que la fibre optique a largement réussi à remplacer la
paire de cuivre et le câble coaxial dans le raccordement d’abonnés, et parce
qu’elle est capable aussi d’écouler de très hauts débits numériques de données
dont fondamentalement les images fixes et animées.
L’arrivée
de la technique ATM ne pourrait, semble-t-il, que renforcer la dynamique
enclenchée par la fibre optique et la numérisation.
1-3-L’inévitable ATM
L’Asynchronous
Transfert Mode, dit communément ATM dans le langage des ingénieurs, est une
variante simple et simplifiée de la commutation par paquets.
Cette
simplification résulte essentiellement de la « structuration des données
numériques en cellules de dimensions fixes et plus réduites que celles des
paquets (ce qui facilite l’acheminement, la commutation, …etc.) » et du
report à la périphérie du réseau de certaines fonctions complexes tels que les
traitements d’accès ou les contrôles de flux.
Un
tel transfert est d’autant plus dynamique, souple et efficace (par rapport aux
méthodes synchrones) qu’il permet une allocation de la bande passante en
fonction des besoins : l’ATM tend ainsi « à cumuler les avantages de
la commutation de circuits (transparence à l’information et transmission en
temps réel) et de la commutation par paquets (débits variables et occupation
maximisée de la bande passante). Il s’adapte de la sorte à des débits constants
ou variables, faibles ou forts. Il permet d’envisager des réseaux uniques de
transferts pour différents services (voix, vidéo, données) alors que le RNIS ne
réalise pas vraiment la fusion des réseaux à commutation de circuits et de
paquets même s’il leur offre des interfaces uniques »(2).
Autrement,
la technique ATM est un élément tout à fait stratégique pour l’établissement
des liaisons à hauts débits. Elle est d’autant plus stratégique q’elle permet
de traiter indifféremment des liaisons vocales, des données audiovisuelles et
de commuter efficacement les signaux à hauts débits.
1-4-La réalité des hauts débits
Autant
la notion de débit est fondamentale, autant elle est relative. Car, si on parle
aujourd’hui de hauts débits à propos des vidéoconférences ou de transferts de
fichiers à deux mégabits par seconde(3), c’est par comparaison au trafic
d’une voie téléphonique qui n’est que de 64 kilobits/s(4) , ou des
140 mégabits/s nécessaires à la télévision haute définition ou encore des
liaisons spécialisées informatiques.
Elle est fondamentale aussi parce qu’elle
cristallisera demain les réseaux gigabits (milliards de bits) ou terabits
(milliers de milliards)(5).
Si
la réalité des hauts débits est (et sera) incontournable, elle ne pourrait se
concevoir et se concrétiser sans numérisation, liaisons à fibres optiques et
commutateurs de type ATM.
1-5-Le défi technologique et la nouvelle donne des autoroutes de la communication
La
concrétisation des autoroutes de la communication(6) ne saurait rendue
possible, de notre point de vue, sans les bouleversements ayant marqué, depuis
plus de deux décennies, les nouvelles technologies de l’information et de la
communication notamment les progrès de la micro-électronique et de
l’optoélectronique :
-
qui se sont répercutés
directement dans les performances des ordinateurs aussi bien pour la vitesse de
calcul qu’au niveau des capacités des mémoires(7) ;
-
qui ont permis aux nouveaux
commutateurs entièrement numériques de type ATM de commuter efficacement les
signaux à très hauts débits en garantissant la continuité de ceux-ci avec un
retard quasi-nul, permettant ainsi le synchronisme des images et des sons(8) ;
-
et qui ont permis aussi de
maîtriser la technologie de la fibre optique(9) et de la rendre plus
compétitive(10).
C’est
dire, en somme, que les autoroutes de l’information n’ont été rendues possibles que par la numérisation de
tous les types d’ information (textes, données, sons, images fixes ou animées,
réelles ou virtuelles) et leur transmission sous forme entièrement numérique
depuis la source ( toute source) jusqu’à l’utilisateur : « les autoroutes
de l’information, principalement constituées de fibres optiques, transporteront
tous ces signaux numériques, dans les deux sens et à très haut débit jusqu’à
l’utilisateur ».
Elles
ne pourraient prendre corps et se généraliser, dans l’esprit de leurs fervents
défenseurs du moins, qu’à coup de déréglementation, de libéralisation et de
privatisation.
Le
contexte au sein duquel la dynamique des autoroutes de la communication a pris
naissance et s’est développée, ne pourrait, semble-t-il, être compris par
référence à la seule dimension technologique (quoi que fondamentale par
ailleurs)(11).
Trois
autres dimensions majeurs sont, de notre point de vue, incontournables pour
compléter le décor : la dimension réglementaire, la dimension économique
et les choix stratégiques des acteurs.
2-1- Les éléments de rupture réglementaires
L’histoire
de la plupart des opérateurs de télécommunications dans le monde, c’est
incontestablement l’histoire de ce que les économistes appellent « une
situation de monopole naturel »(12).
Une
telle a pu être exercée tantôt par des entreprises privées (ATT aux Etats-Unis)
tantôt par des organisations publiques, des ministères la plupart du temps,
comme en Europe ou au Japon.
Cette
forme d’organisation de marché fut
d’autant plus défendue et légitimée qu’elle reflétait les impératifs
d’équipement et/ou de politique industrielle nécessitant notamment des
investissements lourds avec temps de retour généralement longs .
Si
une telle situation a pu prévaloir et se « défendre » jusqu’au début
de la décennie 80 (date des premières décisions de déréglementation) c’est
parce que les entreprises concernées (quoique monoproduits) présentaient des
situations bénéficiaires, une capacité d’autofinancement élevée et une
dynamique technologique quasi-incontestablement irréprochable.
Toutefois,
cet état de fait a subi de profondes remises en question, à partir des années
80, non seulement à cause de la révolution des nouvelles technologies de
l’information et de la communication (numérisation, baisse du rapport
prix/performance des composants et progrès des logiciels informatiques ;
généralisation de la commutation par paquet ; foisonnement technologique
envahissant les différents maillons des chaînes industrielles qu’il s’agisse
des réseaux, des plates-formes ou des terminaux) mais aussi en raison de
l’arrivée au pouvoir d’hommes politiques viscéralement hostiles aux monopoles
et aux services publics(13).
A
ces deux éléments d’explication, majeurs à notre sens, s’ajoute un troisième
non moins important : celui de la contestation, par les entrants
potentiels, de situations monopolistiques à l’abri de toute forme de
concurrence notamment dans un contexte de demandes nouvelles et d’aspirations à
des produits et services nouveaux : l’éclatement d’American Telegraph and
Telephone ATT(14) en a constitué la cristallisation la plus manifeste.
2-2- Les facteurs d’explication économique
S’il
est communément admis que les mutations technologiques ont fondamentalement
bouleversé le champ de l’information et de la communication, elles ont aussi et
surtout accéléré la compétition au sein de chaque sous-secteur par l’apparition
d’opérateurs concurrents aux anciens monopoles ; et activé la concurrence
entre les différents sous-secteurs qui composent ledit champ (possibilité pour
les opérateurs audiovisuels par exemple d’offrir des services de
télécommunications et vice versa).
Cependant,
les enjeux économiques de ces mutations ne peuvent être appréhendés en
l’absence d’une réalité nouvelle, aux implications foncièrement
déterminantes : celle de l’arrivée à maturation des trois grands marchés
(informatique, télécommunications et audiovisuel) qui se segmentent,
dorénavant, sur la base de besoins précis et de solvabilité spécifique.
A
cette nouvelle donne, le cadre réglementaire prévalant s’en trouve (du moins
dans l’esprit de ses détracteurs) radicalement inapte et peu propice aux
développements ultérieurs.
Ceci
s’est présenté comme d’autant plus vrai que les stratégies
d’internationalisation, d’alliances stratégiques et de rentabilisation de
budgets de recherche&développement de plus en plus importants, appellent un
assouplissement des procédures, une adaptation du système normatif, une
reformulation des statuts et des structures et surtout une revitalisation de la
régulation par le marché et la concurrence et une condamnation des logiques de
protection et de monopole : la dynamique des autoroutes de la
communication en gestation s’en trouve, par voie de conséquence, largement
tributaire.
2-3- Des autoroutes de la communication à coup de privatisation et de libéralisation
Présentés
comme un enjeu industriel de grande envergure, comme un enjeu de société majeur
pour le XXIème siècle, portés par des visions politiques fortes (gouvernement
démocrate américain(15), Commission Européenne(16), pouvoirs
politiques nationaux)(17), les projets d’autoroutes de la communication
sont souvent apparus comme une rupture complète (tant au niveau technologique
qu’au niveau des usages), avec l’organisation économique et sociale prévalant
jusqu’ici : « il s’agissait de mettre en place des réseaux large
bande interactifs permettant à chaque foyer, à chaque entreprise, à chaque
administration d’accéder, sans contrainte, à de nouvelles formes d’information,
d’éducation, de transmission ou de loisir »(18).
Lorsqu’en
Juin 1994, la Commission Bangemann(19) a remis son rapport à la
commission de Bruxelles, il a formulé ses quatre mots clefs dont
fondamentalement la libéralisation des télécommunications et l’interopérabilité
des réseaux.
Le
Groupe des Sept pays les plus industrialisés ont déterminé, lors de la
conférence interministérielle des 25 et 27 Février 1995, huit principes de base
pour l’instauration de ces autoroutes de la communication dont
principalement :
-
la promotion d’une concurrence
dynamique,
-
l’encouragement de
l’investissement privé,
-
et la définition d’un cadre
réglementaire souple et évolutif.
C’est,
sans nul doute d’ailleurs, en prolongement de cette ligne que les décisions de
libéralisation et de privatisation des opérateurs européens ont été
inscrites : 1996 a vu naître le Telecommunications Act américain
(concurrence entre compagnies téléphoniques régionales et longue distance,
câblo-opérateurs, diffuseurs hertziens) ; les lois françaises de
réglementation des télécommunications et de privatisation partielle de France
Telecom et la privatisation de Deutsch Telekom…etc.
A
côté des approches régionales (dont on a présenté ici uniquement sa variante
européenne) les approches nationales épousant les mêmes orientations ont été
développées dont principalement pour la France : le rapport Théry a
appelé, au-delà de ses propositions ponctuelles, à une libéralisation du marché
français des télécommunications et à un changement de statut de l’opérateur
historique que représente France Telecom.
C’est
dire, au total, que tous les projets (ou presque) des autoroutes de la
communication tablaient (et tablent toujours) sur trois éléments à poids
relativement similaires :
-
la déréglementation de
secteurs jusqu’ici sous monopole et considérés jusqu’ici comme éminemment
« naturels »,
-
la privatisation de la
propriété publique dont l’organisation est réputée jusqu’à tout récemment
optimale,
-
et la libéralisation des
structures de marché à l’abri, jusqu’à ces dernières années, de toute menace
concurrentielle quelconque.
Ces
éléments conditionnaient, en fait, non
seulement l’émergence des autoroutes de la communication mais risqueraient même
(en leur absence dira-t-on) de s’inscrire en défaut par rapport à l’émergence
d’un phénomène qui leur est concomitant, celui de la mondialisation.
3-1- Du concept de la mondialisation
La
mondialisation est un concept récent, son contenu demeure encore flou comme le
sont ses prolongements et ses véritables déterminants.
Une
esquisse d’approche globale de ce phénomène nous est fournie par Riccardo
Petrella qui le phénomène par rapport à deux autres concepts qu’on a souvent
coutume de confondre : l’internationalisation et la multinationalisation.
Petralla
définit l’internationalisation comme « l ‘ensemble des processus qui
relient les économies nationales les unes aux autres. Elle renvoie donc aux
flux qui connectent les différentes entités nationales ».
Il
définit la multinationalisation comme « le phénomène qui voit les acteurs
économiques élargir leurs capacités de production à d’autres entités
nationales ».
La
mondialisation est par contre, pour lui un phénomène beaucoup plus récent qui
désigne « l’ensemble des facteurs qui font qu’un nombre croissant de
produits et de services sont conçus, développés, produits, distribués,
consommés, réparés, recyclés, revalorisés à une échelle mondiale sans que les
pays où réellement ces actions se déroulent n’aient d’importance en eux-mêmes.
Autrement dit, les cadres et les références nationaux perdent leur primauté et
leur prégnance pour l ‘avenir.
La
mondialisation est le fait d’organisations dont les structures sont elles-mêmes
mondialisées grâce en particulier à l’utilisation des nouvelles technologies de
communication et de transports »(20).
Pour
René Vallette, il s’agit « d’un processus d’intensification de flux de
personnes, de marchandises, de services, de capitaux et simultanément
d’extension de ces flux à toute la planète ou presque ».
Il
considère que « les échanges internationaux sont certes très anciens, mais
depuis quelques années leur intensité, leur diversité, leur extension dans
l’espace sont devenues telles qu’on a utilisé un mot nouveau pour caractériser
ce processus : la mondialisation »(21).
3-2- De la mondialisation des choix stratégiques des entreprises
Sans
s’appesantir outre mesure sur les causes profondes sous-tendant le phénomène de
la mondialisation, ni sur la contribution des différents facteurs à ce
phénomène(22), trois données majeurs s’imposent à nous préalablement à
tout cela :
-
Première donnée : l’entreprise est le premier acteur de la
mondialisation. C’est là une caractéristique évidente et fondamentale :
« les Etats ne se sont bien évidemment pas mondialisés. Les institutions
planétaires pour leur part se sont inter-nationalisées et non mondialisées et
leur pouvoir dépend des Etats-Nations qui eux précisément sont en perte
d’influence sur les affaires économiques mondiales ».
Il
faudrait indiquer que les entreprises ne peuvent se mondialiser qu’en ayant une
capacité d’action à l’échelle mondiale : la taille est par conséquent, un
objectif primordial.
Or
même la plus grande entreprise ne pourra s’assurer une capacité stratégique
d’intervention suffisante pour maîtriser seule l’échelle planétaire ; d’où
l’explosion du nombre d’alliances et d’accords de coopération(23) à
laquelle on assiste tous les jours ; « tout le monde s’allie à tout
le monde contre tout le monde », disait Petrella.
-
Deuxième donnée : l’entreprise mondialisée ne cesse d’œuvrer pour
que les règles de fonctionnement de l’économie lui soient aussi favorables que
possible ; « c’est ce qui explique le mouvement sans précédent de
privatisation, de dérégulation et de libéralisation que l’on connaît depuis une
vingtaine d’années. Ce n’est que sur ce triple socle que les entreprises ont pu
mondialiser l’économie ».
Un
tel mouvement est présenté, par ailleurs, comme conditionnant l’élargissement
de l’espace d’action de ces entreprises à toute la planète.
-Troisième
donnée : les entreprises opérant dans les technologies de
l’information et de la communication (opérateurs et industriels) n’ont pas été
seulement des acteurs actifs de la mondialisation (par la construction de
réseaux planétaires)(24), elles en ont même été l’objet et le théâtre.
En témoignent largement le nombre d’accords et d’alliances stratégiques de ces
entreprises(25).
3-3- Du rapport de la mondialisation aux autoroutes de la communication et au « village planétaire »
On
entend par autoroutes de la communication un réseau numérisé de
télécommunications à large bande et à haute capacité pouvant transporter à
grande vitesse une vaste gamme de services interactifs,
professionnels , mais aussi domestiques
et distractifs.
Elargies
à une échelle mondiale, ces autoroutes s’entendent comme un réseau des réseaux
permettant de transférer au niveau planétaire et de façon électronique des
données, du son et de l’image.
Si
les ministres des télécommunications du G7 se sont réunis à Bruxelles en
Février 1995, c’est pour poser les grandes fondations conceptuelles et
technologiques desdites autoroutes, en perspective d’une société mondiale et
globale de l’information : il s’agissait donc de la « construction »
d’une infrastructure globale et mondiale de l’information fondée sur
l’interconnexion, l’interopérabilité et l’inter fonctionnement des réseaux
nationaux, puisque grâce aux possibilités qu’offrent les technologies de
l’information et de la communication, un seul réseau des réseaux pourra
…satisfaire aux besoins mondiaux de communication téléphonique, informatique et
audiovisuelle ».
La
prophétie maclohanienne du village planétaire(26) ne s’en trouve par
conséquent que consacrée et ses promesses concrétisées : celles d’un
marché global pour les réseaux, les services et les applications.
Il
en découle ainsi que le rapport du village planétaire et des autoroutes de la
communication à la mondialisation est, à notre sens, d’au moins de trois
ordres :
-
d’abord autant la logique de
la mondialisation appelle la mise en place desdites autoroutes, autant la même
logique repousse les frontières du marché mondial : seuls les grands pôles
aux potentialités technologiques et économiques sont concernés et …consultés ;
-
ensuite autant la dimension
technologique de ces autoroutes est déterminante, autant le caractère
économique et géostratégique du phénomène de la mondialisation est
accentué : la maîtrise technologique de ces autoroutes est fondamentale
dans la stratégie d’alliances des entreprises et de l’intensité des rapports
interentreprises à l’échelle mondiale ;
-
enfin, autant cette
infrastructure mondiale et globale est fiable, autant la performance des
entreprises mondialisées, éprises par l’obsession d’immédiateté, d’instantanéité
et du temps réel, est jugée satisfaisante et porteuse de perspectives.
Appliqués
au cas du Maghreb, ces éléments paraissent revenir davantage dans les discours
en vogue beaucoup plus que dans la réalité des faits.
IV-
Mondialisation et autoroutes de la communication : quel rapport dans les
pays du Maghreb ?
Trois
observations fondamentales s’imposent dès que l’on cherche à s’interroger sur
les nouvelles technologies de l’information et de la communication dans les
pays du Tiers-Monde et dans le Maghreb à l’ère de la mondialisation et des
autoroutes de la communication :
-
La première observation est relative
non seulement à l’état de sous-développement chronique qui continue à
constituer la caractéristique principale des réseaux d’information et de
communication au niveau de chaque pays du Maghreb ; mais aussi à l’absence
d’une infrastructure maghrébine globale et régionale devant servir au transfert
des données (si données il y a) ;
-
La seconde observation a trait au
caractère éclaté des « choix » technologiques adoptés dans le domaine
de l’information et de la communication qui, loin d’obéir à une logique
d’intégration technologique, ne font que consacrer les recommandations des
organisations internationales, des firmes multinationales et des élites au
pouvoir.
-
La troisième observation se rapporte à l’absence d’une « volonté
maghrébine » commune fondée sur une vision d’avenir appelant à faire des
infrastructures (et des contenus) d’information et de communication, le pilier
de la construction du Maghreb du XXIème siècle ?
4-1- Quelles infrastructures pour quelles autoroutes de la communication au Maghreb ?
Au
vu de tous les indicateurs universellement retenus pour « juger » du
niveau de développement des infrastructures d’information et de communication,
le Maghreb se rapproche beaucoup plus de la situation des pays du Tiers-Monde
que de celle des pays développés ou des nouveaux pays industrialisés.
4-1-1- Dans le domaine des télécommunications (qui
constitue l’ossature incontestable des éventuelles autoroutes de la
communication) la télé densité au Maghreb dépasse rarement les 4% (4,1% EN
Algérie ; 3,7% au Maroc) au moment où elle dépasse les 40% en Europe du
Sud et en Israël, et les 20% en Turquie alors qu ‘elle s’approche des 60%
pour les pays développés du Nord.
Il en est de même (en termes absolus) du nombre de
lignes en service : le seuil de 1 million d’abonnés pour l’Algérie et le
Maroc n’a pu être franchi qu’au cours des deux à trois dernières années où les
demandes en instance dépassent le 1 million pour les cinq pays confondus.
4-1-2- Si, en 1987, la population du Maghreb a été de
l’ordre de 60 millions d’habitants, il n’y avait guère (en cette année) plus de
140 000 lignes téléphoniques en service.
En 1992, cette population qui s’approchait de 70 millions
d’habitants n’en disposait que de 2,6 millions de lignes.
En 2007, les 100 millions d’habitants que comptera
le Maghreb n’aura pas plus de 12 à 14 millions de lignes (aux alentours de 7
millions en l’an 2000)(27).
4-1-3- En même temps, la dimension maghrébine dans le
développement des infrastructures des télécommunications n’est considérée que
de façon accessoire, « c’est ce qui explique les faibles dimensions des
entreprises existantes, la limite de leur capacités, leur développement
restreint et leur difficulté à suivre l’évolution technologique des systèmes et
des équipements »(28).
Ces
systèmes et équipements(29) sont, par ailleurs, individuellement
« choisis » et implantés, leur interconnexion et interopérabilité
problématiques quoique numérisés à hauteur de 50% , ce qui montre que le
recours à ces technologies a été fait sans coordination aucune au niveau des
Etats du Maghreb.
4-1-4- Il en découle manifestement que la
« construction » d’un réseau maghrébin des télécommunications ,
prélude à d’éventuelles autoroutes de la communication, ne peut se concevoir en
l’état actuel (ou futur) des réseaux nationaux et en les démarches adoptées
quant aux « choix » des technologies et des applications. Ceci est
d’autant plus préjudiciable à la construction de la base matérielle du Maghreb
que ces pays se conforment totalement aux recommandations des institutions
étrangères et des firmes multinationales quant au devenir des organisations.
4-2- Quels « choix institutionnels » pour quelles autoroutes de la communication ?
4-2-1- Depuis l’ « adoption » (début des
années 80) par les pays du Maghreb des plans d’ajustement structurel, toute la
problématique des élites au pouvoir ne pourrait être comprise qu’en référence
aux décisions de démantèlement des monopoles, de privatisation et de
libéralisation : les secteurs organisés en réseaux ont été les premiers à
en être l’objet.
Si,
comme partout dans le monde, les réseaux d’information et de communication au
Maghreb sont nés et développés dans des structures monopolistiques,
centralisées et contrôlées par l’Etat(30), ils n’ont pas été épargnés
des mouvements de déréglementation et de libéralisation en vogue dans les pays
industriels.
Toute
la politique de libéralisation enclenchée à partir de la moitié des années 80,
dans les télécommunications(31) par exemple, ne se voulait que la
justification d’une dite « prise de conscience » des enjeux
technologiques et industriels qui se dessinent dans le monde :
-
nécessité de libéraliser les
structures de marché pour relever le défi de la mondialisation, de la
concurrence et des accords de partenariat avec l’Union Européenne (nous
dit-on) ;
-
et nécessité (nous dit-on
toujours) de « libérer les énergies privées » pour supplanter des
Etats en mal de financement des investissements infrastructurels de grande
envergure tels ceux nécessaires à la « construction » desdites
autoroutes de la communication.
La privatisation en perspective des opérateurs
publics dont notamment celui du Maroc constitue largement le prolongement des
politiques d’élites au pouvoir éprises entre la crise financière et les
recommandations d’institutions internationales et de firmes multinationales en
quête de marchés solvables.
4-2-2- Le projet de privatisation des télécommunications(32)
au Maroc nous interpelle, à cette occasion, beaucoup plus que ne peuvent le
faire les « intentions de restructuration » de ce secteur stratégique
dans les autres pays du Maghreb.
Il
nous interpelle de façon d’autant plus profonde qu’il n’est à notre sens :
-
que la résultante
incontestable des recommandations des institutions financières internationales
beaucoup plus qu’il n’est le fruit d’une maturation technique et économique du
réseau et des services des télécommunications,
-
que le résultat d’une idée
reçue et généralement véhiculée que les autoroutes de la communication
passeront nécessairement (et partout) par leur prise en charge par le secteur
privé, seul considéré en mesure de les financer.
4-2-3- Si la libéralisation du marché des
télécommunications est souvent présentée comme la solution la meilleure, elle
ne passerait pas nécessairement par une action de privatisation de la
propriété, sinon on finirait par réduire la libéralisation à la seule
problématique de privatisation , ce que
la réalité des faits ne confirme pas toujours : au moment où la
libéralisation renvoie aux structures du marché, la privatisation, quant à
elle, renvoie à la nature de la propriété.
4-3-
Quels enseignements des expériences étrangères pour le Maghreb ?
Quatre
enseignements majeurs au moins peuvent, à notre sens, être tirés pour le
Maghreb à la lumière des expériences étrangères de « construction »
des autoroutes de la communication en rapport avec l ‘émergence du
phénomène de la mondialisation (ou présenté comme tel) :
-
Premier enseignement : les
autoroutes de la communication, dont il est souvent question ces derniers
temps, ne peuvent se concevoir sans espace élargi, sans marché solvable et sans
demande préexistante.
Or,
de telles conditions ne sont pas seulement exagérément « prises au
sérieux » mais aussi et surtout sérieusement reléguées pour des raisons de
dissensions politiques ou de conflits de « leadership »
stratégiquement « injustifiées » : la dimension maghrébine dans
les « choix » de politique économique est fondamentalement sacrifiée
au bénéfice d’intérêts nationaux aux fondements incompatibles avec la logique
des relations économique et technologique internationales.
Autrement dit, la logique de la mondialisation (si
ladite mondialisation a une logique) tire les pays du Maghreb davantage vers
les pays nord-méditérranéens que vers les pays du Maghreb où l’intégration est
sinon économiquement viable, du moins stratégiquement incontournable.
-
Deuxième enseignement : Si le
processus de la mondialisation est fondamentalement
tiré par les plus grandes firmes (dont notamment celles des technologies de
l’information et de la communication ) aux pouvoirs technologiques,
géostratégiques et économiques planétaires, la viabilité des pays du Maghreb ne
pourrait être placée que dans un contexte de construction collective raisonné
et imposé par la réalité des faits beaucoup plus que par les décisions
supranationales aussi formelles soient-elles : la dynamique de la nouvelle
donne internationale impose des opérateurs puissants aux pouvoirs régionaux et
multinationaux incontestés ; on ne saurait concevoir de tels opérateurs en
dehors d’un espace régional. Les pays du Maghreb en ont les bases, ils en ont
aussi les atouts.
-
Troisième enseignement : Si les
projets d’autoroutes de la communication dans les pays développés sont la
résultante inévitable d’un développement économique et technologique d’autant
plus considérable qu’ils conditionnent les dynamiques en cours, il n’en est pas
de même dans les pays du Maghreb.
Il
n’en est certainement pas davantage dans un contexte où l’intensité des
échanges, des flux et des données est sinon moindre du moins pas de même
nature.
Autrement, la dynamique des entreprises dans les pays du Maghreb est telle que celle-ci s’en trouve profondément contrecarrée faute de numérisation, de mise en place de réseaux à fibres optiques, de commutateurs ATM ou de l’existence des hauts débits.
De
tels projets ne peuvent naître et se développer que conformément à des logiques
intrinsèques et en fonction de besoins objectifs.
-
Quatrième enseignement : Ce
dont il est souvent question dans les discours des élites au pouvoir dans les
pays du Maghreb, c’est que lesdites autoroutes
ne constituent , dans leur esprit, qu’un prélude à l’intégration à la
mondialisation et à l ‘adaptation aux nouvelles règles de cette fin de
siècle.
Or,
faute d’une définition précise d’un projet de société devant intégrer ces
données, ces discours ne sont, à notre sens, que simplification abusive et
spéculation intellectuelle.
Ils
sont d’autant plus simplificateurs et spéculateurs que les aspects de
recherche&développement, de volonté à travailler en commun, de croyance en
un destin commun sont sinon relégué du moins peu considérés : la
consécration de ces éléments passe nécessairement par l’existence d’une volonté
politique commune et d’une vision claire de ce que devra être le Maghreb.
Ni
l’une ni l ‘autre ne semble, à notre avis, déterminer aujourd’hui les
choix politiques de ces élites, encore moins les « choix
technologiques » qu’ils adoptent.
La
plupart des discours en cours dans les pays du Maghreb associe le
« défi » de la mondialisation aux nécessités d’adaptation des
appareils productifs et des mécanismes socio- éducatifs devant prévaloir sur
les plans nationaux.
Ils
l’associent aussi aux nécessités d’intégration des pays du Maghreb au marché
mondial présenté comme la seule issue pouvant permettre « la survie »
à l’ère de la mondialisation et à l’ère de la fameuse « société de la
communication ».
Si
ces défis constituent des facteurs mobilisateurs pour des pays (les pays
développés) ayant atteint un niveau technologique considérablement élevé, ils
ne sont que des discours destinés à la consommation dans les « politiques
de développement » des réseaux d’information et de communication dans les
pays du Maghreb.
Les
discours prometteurs en termes d’autoroutes de la communication et de la
société de l’information ne sont, à notre sens, que la légitimation des
processus de libéralisation et de privatisation des opérateurs publics que ces
pays sont astreints à poursuivre.
Ils
ne peuvent être, par ailleurs, que trompeurs et inducteurs en erreur :
l’état actuel des réseaux d’information et de communication, l’absence de
volonté politique claire et l’inexistence d’une vision commune font que le
Maghreb de l’infocommunication demeure et sans nul doute pour longtemps une
idée …et une idée vague.
(1)- Laffite.P, « La France et la société de
l’information », Rapport à l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix
Scientifiques et Technologiques », Sénat, Paris, 7 Février 1997.
(2)- Sénat, « Panorama sommaire des nouvelles technologies
de l’information et de la communication », Document de synthèse, Sénat,
Paris, 12 Novembre 1996.
(3)- Soit 2 millions de bits ; une image de qualité
SECAM nécessite entre 5 et 6 mégabits.
(4)- Soit 64 000 bits.
(5)- Pour plus de
développements techniques Cf.Théry.G, « Les autoroutes de
l’information », Rapport au Premier ministre français, La Documentation
Française, 1994.
(6)- Métaphore utilisée pour la première fois en 1991 par
le vice-président américain Albert Gore, pour qualifier les futures
infrastructures d’un réseau mondial de télécommunications destiné à transmettre
les hauts débits numériques des services multimédia d’information.
(7)- Carles.P, « Les autoroutes de
l’information », Université de Caen, Document interne, 1995.
(8)- Il devient ainsi
possible de réaliser des serveurs puissants, permettant le traitement des
services multimédia, grâce à des logiciels complexes, offrant une navigation
intelligente dans les bases de données.
(9)- La particularité du
commutateur de type ATM est qu’il établit des liaisons à débit variable selon
la demande.
(10)- Sa haute qualité de
transmission, sa transparence à la distance, son immunité aux perturbations
électromagnétiques, sa capacité de transporter d’énormes débits font que la
fibre optique est le support indispensable des autoroutes de l’information.
(11)- Une paire de fibre optique peut
véhiculer actuellement l’équivalent de 50 000 conversations téléphoniques.
(12)- Pour plus de développements cf. :
-
El Yahyaoui.Y, « Les télécommunications à l’épreuve des
mutations : Etat, monopole, déréglementation et concurrence », Ed.
Okad, Rabat, 1995.
-
El Yahyaoui.Y, « Mouvance libérale et logique de
privatisation : les télécommunications, un service public ? »,
Ed. Okad, 1996.
(13)- En l’occurrence, R. Reagan, M. Thatcher et le parti
libéral japonais.
(14)- Ces trois
expériences constituent, par ailleurs, les repères historiques les plus
incontestés de toute littérature sur la déréglementation et/ou la privatisation
des télécommunications dans le monde.
(15)- Gore.A, « Agenda
for action on the National Infrastructure, NII », Washington DC,
September, 1993.
(16)- Martin Bangemann,
vice-président de la Commission Européenne, a remis un rapport d’inspiration
ultra-libérale sur les infrastructures de la communication. Le rapport a été
réalisé par un groupe présidé par M. Bangemann
et composé exclusivement …de chefs d’entreprises.
(17)- Théry.G, « Les autoroutes de l’information »,
Rapport.Précité.
(18)- Busson.A,
« Audiovisuel et autoroutes : les objectifs des
expérimentations », Revue de l’Electricité et de l’Electronique, n° 2,
Février 1997.
(19)- Les USA se sont
montrés chauds à une prise en charge du projet des autoroutes de la
communication par le secteur privé.
(20)- Petrella.R,
« Mondialisation et stratégies des entreprises « , Revue du
Management d’EDF et de GDF, Paris, 1996.
(21)- Valette.R, « Mondialisation : sept clefs pour entrer
dans le G 7 », Document de l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, 1996.
(22)- Dont
essentiellement des facteurs techniques (baisse des coûts de transports et de
communications) ; des facteurs politiques (libéralisation des
échanges) ; de ruptures géopolitiques (ébranlement du bloc soviétique) et
d’évolutions macro-économiques (croissance des nouveaux pays industrialisés).
(23)- 80% des
investissements directs ont eu pour but des fusions et acquisitions
d’entreprises. Bilan : il y avait à peine 7000 firmes multinationales en
1973 ; elles sont plus de 37 000 en 1995.
(24)- L’Internet n’en est
que la manifestation la plus spectaculaire.
(25)- Selon une étude de
la société APREDIA, 15 accords de ce type avaient été conclu en 1993, 56 en
1994 et 141 pour les huit premiers mois de 1995.
(26)- Pour plus de
développements, Cf. : Mc Luhan.M, « Comprendre les
médias », Ed de Poche, Signet, 1964.
(27)- De tels niveaux ne
pourraient être atteints qu’au prix d’investissements annuels de 400 à 900 millions
de dollars sur la décennie 1988- 1997, et de 2,3 milliards de dollars par an
sur la période 1997-2007.
(28)- Ghannouchi.S,
« Le Maghreb des télécommunications », Communications et Transports,
n° 59 , Mai 1995.
(29)- Les systèmes de commutation utilisés au Maghreb n’ont
pas les mêmes fonctionnalités : le E10-AXE pour l’Algérie ; le EWSD-
NEAX 61 pour la Libye ; le E10B pour la Mauritanie ; le E10B
–AXE-DMS100 pour le Maroc ; et le E10B-AXE10-EWSD pour la Tunisie.
(30)- Ils ont été même le
symbole de l’ « indépendance » et de la
« souveraineté » reconquises.
(31)- Libéralisation des
terminaux des télécommunications ; concession de prestations éminemment
« service public » tels les taxiphones.
(32)- Cf. pour plus de développements : El
Yahyaoui.Y, « Mouvance libérale… », Ouv.Précité.
(*)-
Collectif-Actes du colloque international « Audit, communication et performance économique au
Maghreb », Faculté de Droit, Rabat, 11-12 Mars 1997 ; In Revue
Marocaine d’Audit et de Développement, n° 6-7, 1997.