Economie du savoir et
fracture territoriale (*)
I-
Précisions préliminaires
Deux précisions
préliminaires devraient être avancées prélablement à toute dissertation sur
l’économie du savoir, sur la fracture territoriale ou sur les rapports qu’ils
sont supposées entretenir dans le temps comme dans l’espace (1) :
+ La première
consisterait à dire que l’expression « économie du savoir » dont il
s’agit dans ce texte, ne correspond nullement à la société du savoir, encore
moins à la société de connaissance même si elle pourrait, pour d’aucuns,
correspondre à la société d’information en vogue notamment depuis les vagues de
dérégulation, de libéralisation et de privatisation des deux dernières
décennies du siècle dernier.
Dire cela
reviendrait en fait à dire que l’information brute, formatée, reproductible par
simple duplication, ne pourra prétendre au statut de savoir, de connaissance (et
de culture en dernière instance) qu’au prix d’une longue phase de maturation,
d’un grand éffort de systématisation et d’un long processus d’appropriation par
l’individu tout comme par la collectivité(2).
Quoi que ne
s’agissant ici nullement d’une quelconque trajectoire prédeterminée(3),
force serait d’admettre que pour passer d’une économie de l’information, d’une
économie du savoir ou d’une économie de la connaissance à l’expressin société
de l’information, société du savoir ou société de la connaissance…ce passage
indique que bien au-delà de la seule activité économique, c’est toute
l’organisation de la société qui est marquée par la primauté du facteur
information, du facteur savoir ou du facteur connaissance(4).
Cela reviendrait à
dire que tout est, par conséquent, affaire d’appropriation cognitive et de
capacités d’apprentissage(5).
+ Seconde
précision : la notion de fracture territoriale (qui n’a pas été l’objet de
beaucoup de travaux de recherche comparativement à la fracture numérique
noamment) est une notion confuse, d’autant plus confuse qu’elle mêle une série
de problèmes différents et va jusqu’à justifier des politiques pouvant être
sinon contradictoires, du moins opposées quant à leur nature et leurs objectifs(6).
Mais, au-delà de
la confusion dont la notion est à l’origine, elle témoigne tout de même de la
crainte d’inégalités (spatiales notamment) créées par la consécration forcenée et
graduelle d’une économie et d’une société centrées sur le traitement de
l’information, du savoir et de la connaissance(7).
II- Economie
du savoir - fracture territoriale
Parler de la
fracture territoriale (et de la fracture numérique en général) à la lumière de
la notion d’économie du savoir (ou des économies fondées sur le savoir) appelle
quelques observations de nature à nuancer la problématique ici soulevée :
+ La première
consisterait à remarquer, de notre part du moins, que ne serait-ce que par
rapport à la connaissance et à la culture, le savoir n’est jamais un lieu
auquel on pourrait espérer un jour accéder…il est chemin, il est construction,
il est quête infinie, il est « aux frontières de l’inconnu et du mystère »
disait l’Unesco(8).
+ Seconde
observation : Vouloir construire des économies du savoir ou des sociétés
du savoir a-t-il, en fait, un sens au moment où l’histoire (et plus
particulièrement l’anthropolgie) nous enseigne que depuis la Haute Antiquité,
toutes les sociétés ont été, chacune à sa manière, des sociétés du
savoir ?(9).
Emettre une telle
observation ne reviendrait, en définitive, qu’à émettre la conviction de plus
en plus partagée que la seule grande différence (peut-être) entre l’âge de
l’antiquité et la période contemporaine concernerait la multiplication des
supports de production, de traitement, de stockage et de circulation du savoir(10).
Elle concernerait,
en second lieu, la vitesse dans laquelle et par laquele ces opérations se
faisaient et se font dans le temps et dans l’espace.
Elle concernerait,
en troisième lieu, ce que l’on pourrait appeler le « triomphe de la
massification de l’accès » par rapport à des époques plus ou moins
révolues où l’élitisme et la culture du secret étaient la règle en vigueur(11).
+ La troisième
observation (prolongement de la seconde) conisterait peut-être à dire que même
si l’expression « économie du savoir » traduirait (pourrait traduire)
une réalité où il y a profusion des supports, des instruments (au sens de la
raison instrumentale) et des contenants, la société du savoir ne diffère que
peu des sociétés l’ayant précédées si on adopte l’approche des contenus et du
savoir proprement dit (12).
Et c’est, nous
semble-t-il, fondamentalement sur cette base qu’il serait fondé de dire que ce
qui distingue la société actuelle des sociétés qui l’ont précédées serait la
codification, la capacité de codification de l’information, du savoir et de la
connaisssance(13)…grâce notamment à la mutation profonde et de plus en
plus irréversible des technologies d’information et de communication, des
réseaux et des applications multiples et diversifiées qui s’en sont suivies
dans le temps et dans l’espace.
Il semblerait, par
voie de conséquence, qu’il serait difficile (et malaisé de surcroît) de
prétendre appréhender l’économie et la société du savoir en contournant ces
données autour desquelles le consensus semble déjà établi.
III- Des
fractures non autonomes
Il n’est pas
exagéré d’avancer que la dynamique, toute la dynamique actuelle de ce qu’il est
convenu d’appeler « économie du savoir » n’est autre qu’une dynamique
d’interactions entre la tendance à l’accroisement de la part du capital
intangible (compétences, ressources humaines, Recherche&Développement, formation
continue…etc) et la diffusion des nouvelles technologies d’information et de
commnunication dans l’économe, dans les appareils productifs et dans les
systèmes d’organisation(14).
La première
traduirait l’émergence et la consécration d’une « nouvelle économie »
ou considérée par d’aucuns comme telle (15)…la seconde témoignant de la
philosophie et de la nature à l’origine de la répartition des équipements et
des techniques dans l’espace et au niveau du territoire (16).
Et c’est, nous
semble-t-il, de la nature et de la philosophie présidant à la répartition de
ces équipements et de ces techniques…(de ces « biens collectifs »
diraient certains), c’est à partir de cette philosophie que la notion de
fracture territoriale prend naissance,
émerge et se consacre.
Dire cela reviendrait,
de notre point de vue, à dire quatre choses essentielles concomittantes :
+ La première est
que partant du fait qu’au cœur de l’économie du savoir (ou basée sur le savoir)
trônent les nouvelles technologies d’information et de communication (NTIC), on
pourrait supposer l’existence de plusieurs points d’intersection entre
celles-ci et la réalité que la notion de fracture territoriale veut ou voudrait
traduire(17).
Or, au-delà de
l’effet (réel ou potentiel, positif ou négatif) des NTIC sur le territoire, sur
la restructuration du territoire, ce qui est établi c’est que la fracture
territoriale a précédé de très loin l’actuelle vague des NTIC : elle leur
a été antérieure, peut-être même largement antérieure(18).
Cela voudrait dire
que s’il y a fracture territoriale entre ou à l’intérieur des régions, ce n’est
pas la faute essentiellement aux NTIC, ce n’est pas de la responsabilité
directe des NTIC même si celles-ci peuvent être à l’origine de l’aggravation et
de l’accentuation de cette fracture.
Cela voudrait
dire, plus précisément, qu’il faudrait peut-être chercher les éléments de
réponse du côté des politiques publiques, des politiques d’aménagement du
territoire, des stratégies des Pouvoirs publics visant l’intégration ou
l’exclusion, l’association ou la soumission de telle ou telle partie du
territoire (19).
Cela voudrait dire
aussi, en troisième lieu, que c’est du côté des politiques de
localisation/délocalisation des activités du savoir, d’innovation, de R&D,
de production de l’espace…qu’il faudrait peut-être aller chercher lesdits
éléments(20).
Toute la
problématique serait, à la lumière de cela, de savoir jusqu’à quel point une
vague technologique secrète-t-elle ou s’accompagne-t-elle d’une transformation
des inégalités socio-économiques, socio-démographiques ou spatiales.
+ Deuxième
chose : Dans le cadre d’une économie du savoir (ou présentée comme telle),
la fracture territoriale n’est, en aucun cas, un phénomène indépendant ou
autonome…elle procède d’autres fractures (économique, sociale et culturelle)
dont elle n’est peut être que le prolongement et le reflet au niveau du
territoire et de l’espace (21).
S’agissant des
NTIC, la fracture territoriale est aussi le prolongement de la fracture
numérique qui écartèle le territoire entre des sous-espaces sous-équipés et
d’autres sur-équipés et bien desservis de surcroît(22).
Là aussi, la
responsabilité (pour prendre le cas de la France) incomberait à la DATAR, aux
Pouvoirs Publics, aux opérateurs privés et n’incombe nullement aux NTIC ou aux
réseaux du savoir. D’où toute la problématique de la coopération décentralisée
entre les différents espaces et à l’intérieur de ceux-ci (23).
+ La troisième
chose consisteriat à remarquer que chaque fois qu’il est question de fracture
territoriale, en rapport avec l’économie du savoir, il est généralement
question aussi et surtout d’une approche privilégiant l’accès, la connexion, le
branchement et le raccordement aux réseaux…c’est à dire privilégiant
l’infodensité.
Or, cette
approche, quoi que nécessaire et incontournable de surcroît, demeure
insuffisante si elle n’est pas doublée et couplée à une approche de l’usage ou
par l’usage…c’est à dire une approche centrée sur les contenus et les
applications(24).
Cela voudrait dire
qu’au-delà de l’approche équipementière et par les outils, l’approche sociétale
et par l’usage devrait être aussi prise en compte et intégrée (25).
Cela voudrait dire
aussi qu’il ne suffit pas que les collectivités locales prennent en charge la
production de l’espace par les réseaux (fibres optiques, ADSL ou autres) mais
également le développement des contenus qui pourrait aller de la numérisation
du patrimoine jusqu’à la conception de contenus éducatifs et de divertissement(26).
Il faudrait
remarquer, par ailleurs à ce propos, que la notion de fracture territoriale est
dynamique et mouvante, en ce sens par exemple que la fracture territoriale
induite par l’internet bas débit n’est pas de même ampleur que celle engendrée
par l’arrivée d’internet haut débit(27).
+ La dernière
chose peut se résumer de la façon suivante : à l’ère du
« triomphe » des réseaux(28) et de la consécration de plus en
plus réelle de l’économie du savoir, qui des acteurs en présence (Etat, secteur
privé, collectivités locales, ONG ou autres) qui de ces acteurs a « obligation »
de veiller à l’éradication de la fracture territoriale ?(29)
Ce serait certainement
prétentieux de tenter des éléments de réponse…les réflexions sur la gouvernance
territoriale et sur la coopération décentralisée sont mieux placées pour
apporter les éléments d’éclaircissements.
Je remarquerais en
conclusion :
- Que dans les
pays développés, ce type de réflexions est bel et bien engagé même s’il est
parfois passionné(30).
- Par contre, dans
les pays du Tiers-Monde ce type d’interrogations n’a pas encore été soulevé non
seulement parce que les contours de l’économie du savoir ne sont pas, de nos
jours, délimités, mais aussi et peut-être même davantage, parce que le statut du savoir et de la
connaissance n’est pas défini, leur cadre tracé…(31).
Notes et références
(1)- L’objet de cette communication ne consiste nullement en une quelconque
réflexion sur les fondements de l’économie du savoir, il s’agit plutôt d’une
tentative sur la fracture territoriale à la lumière des avancées des économies
de plus en plus fondées ou guidées par l’information et le savoir.
Précisons tout de
suite que le mot « fracture » suppose une « séparation entre des
personnes qui ont accès à l'information numérique, et d'autres, qui n'y ont pas
accès ; il induit l'idée d'une barrière, dont un côté semble bien plus
confortable que l'autre ».
(2)- Cf à propos de cette
séquence : Trégouet.R, « Des pyramides de pouvoirs aux réseaux de
savoirs », (Sénat- France), Rapport d’information n° 331, Paris,
1997-1998.
(3)- Cf, pour les limites
des approches fondées sur le déterminisme technologique : El Yahyaoui.Y,
« Mondialisation et stratégies de communication », Ed. Walili,
Marrakech, 2002.
(4)- Castells.M, « La
société en réseaux », Ed. Fayard, Paris, 1998.
(5)- Zghal.R, « L’appropriation
de la technologie, le savoir et le développement », Forum Méditérranéen
pour le développement, Le Caire, 6-8 Mars 2000.
Jacques Ellul disait, dans
« Les nouveaux possédés » que « ce n'est pas la technique qui
nous asservit mais le sacré transféré à la technique."
(6)- La fracture numérique est une expression
française probablement issue de l'anglais « digital divide ». Sous ce
mot « se regroupe l'ensemble des inégalités liées au domaine de ce que
l'on appelle les nouvelles technologies de l'information et de la communication
ou NTIC. Ce sont donc les inégalités dans l'usage et l'accès aux téléphones
portables et au réseau Internet, mais aussi dans l'usage et l'accès au
téléphone et à l'ordinateur. La fracture numérique est donc une toute petite partie
de l'ensemble des inégalités de développement ».
(7)- Il n’ya pas d’indifférenciation spatiale des
nouvelles technologies d’information et de communication (ou d’ubiquité) tout
comme il n’ya pas de déterminisme techniciste…Il faudrait reconnaître tout de
même que le territoire a été de tout temps « différencié, fruit de
l’histoire et objet de conflits et d’inégalités ».
Cf : Claisse.G, « Transports
ou télécommunications : les ambiguités de l’ubiquité », Presses
Universitaires de Lyon, 1983.
(8)- Brunsvick.Y, Danzin.A, « Naissance d’une
civilisation : le choc de la mondialisation », Ed. Unesco, Paris,
1998.
(9)- El Yahyaoui.Y, « Mondialisation et
stratégies de communication », Ed. Walili, Marrakech, 2002.
- Breton.P, « L’utopie de la
communication : le mythe du village planétaire », Ed. La Découverte,
Paris, 1992.
(10)- C’est l’ampleur et le rythme de production,
de stockage, de traitement et de circulation de l’information qui sembleraient largement marquer l’ère actuelle.
Cf à ce propos : Mattelart.A,
« La mondialisation de la communication », PUF, Paris, 1996.
(11)- Cf : Musso.P, « Télécommunications
et philosophie des réseaux », PUF, Paris, 1997.
(12)-
El
Yahyaoui. Y, « De l’accès à l’usage : éléments pour un débat »,
Communication au colloque international « Le libre accès : défis et
enjeux », Centre national de Documentation, Rabat, 12-13 Décembre 2003.
(13)-
L’on
parle même à ce propos de « révolution numérique » pour marquer
l’apport prodigieux des techniques numériques pour le processus de
codification.
(14)-
De
là la distinction entre l’économie de l’information et l’économie
informationnelle, de l’économie fondée sur le savoir et de l’économie du
savoir.
Cf
pour plus développements : Castells. M, « La société en
réseaux », Ed. Fayard, Paris, 1998.
(15)- Dont notamment Jacques De Bandt dans : « La
nouvelle économie : économie, système ou société ? », Faire
Savoirs, n° 2, Octobre 2002.
(16)-
C’est
l’optique généralement privilégiée par les instances en charge des
politiques d’aménagement du territoire.
(17)-
La
fracture territoriale n’est, de ce point de vue, qu’une composante de la
fracture numérique, car si les entreprises ont besoin des NTIC pour décider de
leur implantation, celles-ci ne sauraient suffire pour une telle décision,
celles-là ayant aussi besoin d’être près des marchés, des centres de pouvoir et
des pôles d’attraction (entre autres).
(18)-
Cf à
ce propos : Bakis. H et Alii, « Information et organisation
spatiale », Ed. Paradigme, Caen, 1988.
(19)-
De
même que les NTIC ne sont pas à l’origine de la fracture territoriale, leur
répartition ne saurait les résorber.
(20)- Cf : Castells. M (Eds),
« Global restructuring and territorial development », Sage
Publications, Londres, 1987.
(21)-
La
fracture territoriale n’est pas, non plus, un phénomène isolée, elle est le
reflet des fractures socio-économiques et culturelles en vigueur…Les NTIC
peuvent soit renforcer de telles fractures soit contribuer à les résoudre (à
les résorber pensent certains). Autrement, l’exclusion n’est en aucun cas
l’apanage de l’ère numérique actuelle.
Les causes réelles de ce retard
sont à la fois sociales, culturelles et éducatives et tiennent largement à une
approche trop technocratique, trop technologique et trop abstraite des
nouvelles technologies de l’information dans notre pays.
(22)-
L’attraction
des équipements (des NTIC entre autres) pourrait ne pas être le fruit d’une
politique délibérée quelconque, elle pourrait être induite par les
considérations présentées à la note (17).
(23)-
La dimension
« coopération décentralisée » renvoie à la problématique de la
gouvernance locale et ne concerne pas directement l’objet de cette
communication.
(24)-
Cf à
ce propos : El Yahyaoui. Y, « De
l’accès à l’usage : éléments pour un débat », Communication au
colloque international « Le libre accès : défis et enjeux »,
Centre national de Documentation, Rabat, 12-13 Décembre 2003.
(25)-
Dominique
Wolton est de ceux ayant bien mis en valeur la dimension sociétale (politique
notamment) de la communication.
Voir :
Wolton. D, « Penser la communication », Ed. Flammarion, Paris, 1997.
(26)-
Ce
qui importe, dans l’esprit de Manuel Castells, ce n’est pas uniquement l’accès,
mais aussi les flux d’information qui l’emportent sur les flux de l’espace.
Voir
à ce propos : Castells.M, « La galaxie internet », Ed. Fayard,
Paris, 2002.
(27)-
Voir,
à ce propos, pour le cas de la France, les nombreux rapports publiés par la
DATAR et le Haut Commissariat au Plan.
Rappelons uniquement à
ce propos « que 6, 5 % seulement des foyers français (1, 5 millions) ont
aujourd’hui accès à l’Internet haut débit, un pourcentage trois fois inférieur
à celui des foyers américains, deux fois inférieur à celui des foyers danois et
scandinaves et tout juste égal à celui de l’Espagne ».
(28)-
Cf :
Rifkin. J, « Une transformation radicale du capitalisme : quand les
marchés s’éffacent devant les réseaux », Le Monde diplomatique, Juillet
2001.
(29)- Même s’il est évidemment indispensable que l’Etat et
les collectivités locales doivent mener des efforts concertés pour permettre à
tous un accès "physique", à un coût socialement acceptable, aux NTIC…
« l’ordinateur, comme l’Internet, ne doivent plus
seulement être considérés et présentés sous leur aspect matériel et technique
mais par rapport aux nombreux services très utiles qu’ils peuvent rendre dans
les domaines administratifs, sociaux, médicaux, culturels et éducatifs,
notamment auprès des catégories les plus fragiles (personnes âgées, malades ou
handicapées, demandeurs d’emploi, ou jeunes en situation d’échec scolaire) ».
(30)- La problématique de la
fracture (sous toutes ses formes) étant aussi un enjeu politique…électoraliste
le plus souvent.
Daniel Pimienta affirme que l'apitoiement sur
la « fracture numérique » sert au G8 (par exemple) à se donner bonne
conscience, et peut-être à faire oublier les éternelles fractures sanitaires et
alimentaires. Cela est d'autant plus possible que la mesure matérielle de la « fracture
numérique » invite naturellement à la combler en investissant dans de l'équipement.
(31)-
Voir
pour le cas du Maroc du moins : El Yahyaoui.Y, « La
problématique d’accès à l’information au Maroc », Etude pour l’Association
Libanaise de Transparence, Rabat-Bayrouth, Mai 2004.
(*)- Ouvrage
collectif « La gouvernance dans tous ses états : Economie de la
connaissance, coopération décentralisée et développement local »,
Publications de la Revue Marocaine d’Audit et de Développement, n° 19, Décembre
2004.