"Management
des compétences, enjeux, modèles et perspectives"
Dietrich. A et Alii, Dunod,
Paris, 2010, 256 p.
Traiter du management des compétences, disent
les auteurs, «c’est traiter des effets sur la conduite générale des
organisations d’une approche des hommes et du travail fondée sur l’usage de la
notion de compétence. Celle-ci renvoie aux multiples manières de concevoir et
de définir les capacités individuelles ou collectives de mobilisation dans
l’action, des connaissances, savoirs-faire et comportements qui assurent
l’efficacité de l’activité humaine en situation de travail».
La notion de «management» concerne quant à elle
l’ensemble des actions impliquées dans la conduite des organisations pour
réaliser leurs finalités et leurs objectifs. Ces actions se déclinent en termes
d’organisation, de planification, d’animation et de contrôle. Elles concernent
tous les niveaux d’exercice de l’autorité et tous les domaines d’activités.
Le management des compétences concerne donc,
pour eux, «le pilotage des actions sur le terrain, alors que la gestion des
compétences est plutôt considérée comme une fonction d’élaboration et
d’application de règles de gestion définies par la fonction ressources
humaines. Le management des compétences ne se confond donc pas avec la gestion
des compétences, dans la mesure où son champ d’action est à la fois plus global
et plus complet».
Ainsi, affirment-ils, par l’expression
management des compétences, «on présuppose que l’évolution introduite par la
logique compétence peut modifier sensiblement les conditions même d’exercice du
management, et qu’en retour les actions de management conduites dans ce
contexte sont susceptibles d’interagir avec les autres fonctions exercées dans
l’entreprise, notamment la fonction ressources humaines».
La thématique du présent ouvrage,
reconnaissent-ils, est à la fois plus ambitieuse et plus modeste :
°- plus ambitieuse en ce qu’elle se présente
comme une entreprise de capitalisation des connaissances produites dans le
champ du management des compétences depuis environ un quart de siècle,
°- plus modeste dans la mesure où elle ne
prétend pas effectuer le recensement de l’ensemble des connaissances
existantes.
Par capitalisation, «nous entendons
transformation des connaissances produites en un socle d’acquis, utiles tant à
la compréhension des démarches compétences, qu’à leur mise en oeuvre et qui
permettent de mesurer l’intérêt de ces démarches pour le management des
organisations».
Tout l'enjeu de l'ouvrage consiste à:
+ éclairer le lecteur sur les enjeux du
management des compétences, et leur diversité en fonction des organisations,
+ lui présenter une vision, la plus
significative possible, des expérimentations auxquelles le management des
compétences a pu donner lieu et des débats qu’il a pu soulever,
+ lui proposer une mise en perspective des
démarches compétences comme analyseur des formes de management en œuvre dans
les organisations.
La richesse et la variété des connaissances
disponibles dans le champ du management des compétences ont conduit les auteurs,
dans cette entreprise de capitalisation, à privilégier trois grandes
orientations:
°- La première a consisté à mettre en priorité
l’accent sur le caractère contingent de la gestion des compétences. «L’ouvrage
entend ainsi intégrer dans la première partie les pratiques et théorisations
relatives à la notion de contingence, déclinée à différents niveaux, tout en
échappant au piège de la dispersion qui lui est souvent associée, par
l’élaboration d’un cadre général d’analyse favorisant à la fois la
compréhension et la mise en oeuvre de ces démarches compétences».
°- La deuxième orientation porte sur la prise en
considération des imbrications fonctionnelles entre l’exercice de l’autorité
dans les organisations et le management des ressources humaines, tant en ce qui
concerne le management stratégique que le management opérationnel.
°- La troisième orientation procède de la
volonté de mettre en perspective des «histoires de compétence» avec des
problèmes récurrents de management auxquelles elles sont supposées répondre.
Yahya El Yahyaoui
Rabat, 27 Octobre 2011