«Médias et technologies de communication au Maghreb et en
Méditerranée»
Collectif,
IRMC, Tunis, Juin 2002, 154 p.
1- En introduction à ce collectif (actes d’un colloque tenu à
Tunis courant 2001), on lit ceci: «au Maghreb, comme dans les autres régions du
monde, la multiplication des choix des programmes audiovisuels via les paraboles, des
interconnexions de services via internet et du libre échange d’informations, offrent aux
individus, par delà leurs frontières et espaces traditionnels, de nouvelles possibilités d’échanges
et d’expressions».
Cette nouvelle donne internationalisée de l’offre d’images et
d’informations peut
paraître,
lit-on toujours, «congruente avec le choix affiché par les Etats de la région
d’une ouverture économique, qui se
décline en adhésions à des dispositifs globaux (Organisation Mondiale du Commerce)
et en partenariats inter ou intra-régionaux (processus de Barcelone, accords de libre échange avec l’Union
Européenne, Union du Maghreb Arabe)».
Seulement, cette libre circulation des images, tout autant que
celle relative à la navigation sur le Web «sont plus l’effet de l’innovation technologique que de choix délibérés des
gouvernements».
Mais, outre la question technique du contrôle de l’accès à ces
nouveaux médias, les
pouvoirs
publics ont été amenés à prendre en compte la force de la demande sociale, l’engouement
des publics maghrébins pour ces supports technologiques et les contenus et services
qu’ils véhiculent, et des enjeux économiques liés à leur diffusion.
2- En première partie («Les nouveaux modes de gestion étatique de
l’espace public médiatique»), des contributions fondatrices méritent
présentation:
2-1- Parlant des «Paradoxes de l’internationalisation dans le champ
télévisuel en Tunisie», Riadh Ferjani affirme que toutes les échelles de la réalité, «l’international,
le local, le régional et le national, n’ont de sens que si on les articule entre elles,
que si l’on met en relief les interactions, les médiations et les négociations qui
s’opèrent entre les diverses dimensions, sans négliger pour autant l’existence bien
réelle des rapports de force entre elles».
Toute la question, pour lui, est de savoir «dans quelle mesure
l’État tunisien peut continuer à assurer un contrôle exclusif d’un champ où la
coïncidence entre télévision, territoire et souveraineté nationale tend à
s’estomper?».
Il rappelle ici clairement que «la symbiose entre l’État,
organisateur des différents aspects de la vie sociale, et la télévision, relais
et symbole du pouvoir d’État, a étouffé pendant longtemps toute velléité de
remise en cause du modèle d’organisation et de gestion de la télévision, et
toute contestation de la représentation qu’elle donnait de la société
tunisienne. Si le monopole sur l’audiovisuel a été battu en brèche dès 1960,
avec l’autorisation de diffusion accordée à RAI Uno, la télévision tunisienne a
bien été utilisée par le pouvoir comme un appareil, au sens qu’a donné Pierre
Bourdieu à ce terme, pour asseoir l’hégémonie de l’élite dirigeante sur
l’ensemble de la société».
Or, ce modèle unanimiste devait présenter ses premiers signes
d’essoufflement lorsqu’une dynamique propre à la société tunisienne se conjugua
aux effets de la déréglementation de l’audiovisuel à l’échelle internationale.
Les manifestations de la dynamique endogène peuvent ainsi «être repérées dans
l’explosion urbaine, l’extension et la métamorphose de la structure des couches
sociales médianes, porteuses de nouveaux usages et de nouvelles aspirations en
matière de loisir, sans oublier l’émergence d’une société civile dont les
symboles les plus marquants furent la création de la Ligue des droits de
l’homme et les luttes syndicales pour s’affranchir de la tutelle du parti au pouvoir,
à la fin des années 1970».
Les facteurs exogènes, quant à eux, sont liés aux mutations
technologiques, juridiques et économiques de l’audiovisuel à l’échelle internationale,
et plus particulièrement à la mise en concurrence de la télévision, en Italie
d’abord et en France quelques années après.
La rencontre de ces deux types de mutation peut être identifiée
dans les usages des technologies de la communication, pendant les années 1980,
et dans l’apparition de RAI Uno comme enjeu social et politique, durant la même
période.
L’émergence et le développement des marchés des programmes et des
supports techniques qui leur sont liés présentent des caractéristiques communes,
non seulement en Tunisie mais aussi dans plusieurs pays arabes. «Par rapport
aux vidéogrammes, les copies pirates, les réseaux interpersonnels d’échange de
cassettes et le contrôle aléatoire des clubs vidéo prennent des proportions
tellement importantes que l’informel tend à devenir un modèle dominant.
Concernant les supports, la multiplication de leurs filières de
commercialisation, dont une grande partie échappe au marché officiel, quand il
existe, ainsi que les détournements de ces objets par les usagers pour recevoir
mieux et plus de chaînes, sont autant de manières de se positionner par rapport
à la télévision étatique».
Si le pouvoir avait consenti à une libéralisation, timide mais
réelle, de la presse écrite, la télévision est restée à la marge,
hermétiquement fermée à ces transformations. C’est en ce sens que «les
nouvelles pratiques de communication, créées autour des TIC, se sont
construites (et se construisent toujours) en fonction du rapport que les
usagers entretiennent avec la télévision nationale».
Par ailleurs, «face à la concurrence de RAI Uno, aux pressions
exercées par les autorités françaises pour obtenir la diffusion d’une chaîne de
leur service public, et à la montée en puissance des pratiques des récepteurs
pour contourner la gestion autoritaire du champ télévisuel, l’État tunisien
s’engage, dès le milieu des années 1980, dans une politique de prise en charge
(qui se veut intégrale) de l’internationalisation».
2-2- Dans «Ordre public, politiques publiques et internet en Tunisie»,
Jean-Philippe Bras affirme que l’Etat conduit «les mutations de la société et
du système économique par ses politiques d’éducation et de formation, par l’incitation,
ou encore par l’exemplarité, le processus de modernisation étant enclenché d’abord
à l’intérieur de l’appareil d’État. Mais une modernisation conduite par le haut
s’exprime également par la réglementation et le contrôle, par une mise en ordre
publique du développement technique, ainsi pour internet dans l’équipement et
l’organisation du réseau, et la définition des contenus qui y circule».
La question qui se pose est, note l’auteur, celle de la
possibilité de concilier des impératifs politiques, renvoyant aux registres de
la légitimité (le pouvoir) et de l’éthique (les valeurs nationales), et des
impératifs économiques (ouverture et libre échange) et techniques (performance
de l’outil technique).
Si la diffusion d’internet en Tunisie a été dès le départ,
fortement réglementée, c’était justement pour traduire la volonté de l’État
d’exercer un strict contrôle sur les modalités de diffusion des nouvelles
technologies de communications.
En effet, «les caractéristiques de l’organisation technique et
administrative d’internet en Tunisie permettent à l’État d’exercer un contrôle
rigoureux sur les usages de la toile, et le cas échéant, une censure sur les
messages et les sites. Dans ce dispositif centralisé sur le plan administratif
et monopolisé sur le plan économique (laissant donc peu de place au jeu du marché),
l’Agence Tunisienne d’Internet apparaît comme un maillon essentiel».
Si, dans un premier temps, l’ATI a été le seul fournisseur d’accès
pour les personnes morales de droit privé et les personnes physiques, depuis
1997, l’agence a abandonné cette fonction au profit de deux opérateurs privés
(Planet Internet pour 60% du marché, et Globalnet pour le reste) qui continuent
de se situer, par la formation de leur capital, dans le giron du sommet de
l’État. Par comparaison, les fournisseurs d’accès sont plus de deux cents au
Maroc, près de cent en Algérie.
Le contrôle sur les contenus peut, quant à lui, s’exercer à
travers «le passage obligé du courrier électronique par les serveurs des FSI, les
accès à des serveurs extérieurs pourvoyeurs d’adresses électroniques (type Wanadoo
ou caramail) ayant été fermés, ce qui rend possible la mise en place d’une
structure centrale de contrôle».
Ces différents mécanismes de contrôle se référant à la
sauvegarde de l’ordre public, s’appuient sur un régime de responsabilité strict
des différents opérateurs. Régime de responsabilité «en cascade» dans un
dispositif qui renvoie au code de la presse (article 68): responsabilité du
directeur de la publication ou de l’éditeur, ou à défaut des auteurs, puis des
imprimeurs et enfin des vendeurs, des distributeurs ou afficheurs.
Les FSI ont l’obligation de développer et d’héberger des pages
web et des serveurs, mais le directeur assume la responsabilité du contenu de
ces pages, la responsabilité pénale s’étendant également aux clients abonnés
propriétaires des pages et des serveurs hébergés.
Il en découle pour le directeur (l’hébergeur) une obligation de
surveillance constante du contenu des services exploités par le FSI, «pour ne
pas laisser perdurer des informations contraires à l’ordre public et aux bonnes
moeurs».
Le directeur est également tenu par une obligation d’archivage:
la conservation pendant une année à compter de la cessation du service, sous sa
responsabilité, sur des supports écrits et magnétiques, d’une copie du contenu
des pages et serveurs hébergés. Ce régime de responsabilité incite également
les gestionnaires des forums de discussions à une grande vigilance sur le
contenu des interventions, censurant celles qui toucheraient «de hautes
personnalités», ou aborderaient «à tort et à travers des sujets politiques».
2-3- Dans «De l’Etat-émetteur à l’émetteur-Etat dans le champ
télévisuel égyptien», Tourya Guaybess rappelle que «les changements
structurels qui affectent le champ télévisuel égyptien au cours de la décennie
1990, correspondent à une transition dont l’issue demeure aujourd’hui encore incertaine,
mais qui, probablement, s’oriente vers la libéralisation économique et politique
du secteur», la télévision égyptienne étant inscrite dans un réseau régional de
plus en plus complexe, et en dépendant de façon croissante.
Deux périodes phares dans l’histoire de la télévision égyptienne,
note l’auteure: dans la première période, qui s’étend de l’avènement de la
télévision en 1960 jusqu’à l’immédiat après guerre du Golfe, l’État est
l’émetteur unique. La télévision est le média par lequel l’État diffuse ses
messages à la population, non pas passive mais acculée, si l’on peut dire, à la
passivité.
Dans le second temps, qui constitue en réalité une transition
vers «autre chose», l’État est un émetteur, mais il n’est plus le seul.
La télévision égyptienne n’est plus la seule télévision pour le public
égyptien.
La télévision est la voix de l’État, mais croire que la
télévision ne servait qu’aux fins des autorités politiques officielles serait,
il est vrai excessif, observe l’auteure.
Le lien entre l’Etat-émetteur et le public est unilatéral,
puisque ce dernier ne participe aucunement à l’élaboration de la programmation,
ses critiques ne se laissent pas entendre, ne se laissent pas voir. Elles
s’expriment dans le champ journalistique, espace plus pluraliste sur le plan
politique, mais moins démocratique en termes d’accès.
C’est ainsi qu’avant la banalisation des chaînes transfrontières,
«l’unique liberté du téléspectateur se limitait finalement à renoncer à
regarder la télévision».
Instrument de domination et de légitimation entre les mains du
pouvoir, la télévision donne une interprétation de la vie politique et
publicise les actions des dirigeants, au détriment souvent d’une véritable
information. On pourrait s’étonner, par exemple que «les accidents de la route
les plus meurtriers soient ignorés au journal télévisé, au bénéfice des
poignées de mains protocolaires».
D’un autre côté, l’auteure estime que «la constitution de la
télévision de demain dépendra fortement des alliances et des rapports de force
entre trois pôles»: l’État, les acteurs politiques
(hors de la sphère du pouvoir politique), et les acteurs économiques,
entrepreneurs des télécommunications et de l’audiovisuel.
D’emblée, le concept d’Etat-émetteur est frappé d’obsolescence,
puisqu’un découplage consacre la séparation des deux termes qui le constituent,
et la nature des émetteurs dépendra justement du jeu entre les acteurs en
présence dans le champ de la communication, tous attirés par une audience
perçue tour à tour comme des citoyens plus ou moins avertis et un marché de
consommateurs.
3- En deuxième partie («Le nouveau paysage de la communication et
l’évolution des médias nationaux»), l’on a affaire à deux principales
contributions:
3-1- Salam Kawakibi («Al-Jazîra, l’autre visage de la culture du
pétrole»), affirme que «Al-Jazîra a recomposé le champ des médias en
introduisant une double révolution. D’une part, elle s’ouvre au franc-parler
politique, jusqu’à l’excès de langage, dans un univers où le mot couvert et le
contrôle sont la règle. D’autre part, elle focalise le débat sur le monde arabe
dans son espace transnational. Grâce à elle, les Arabes découvrent le bonheur
du débat politique qui parle d’eux pour eux».
La chaîne Al-Jazîra a vu le jour à Doha, capitale du Qatar, le
1er novembre 1996. Elle est présidée par l’un des membres de la famille
princière du pays, Hamad bin Thâmir Âl-Thânî, qui en est aussi l’un des principaux
actionnaires, à côté du ministre des Affaires étrangères. Le mystère règne encore
sur les conditions de son lancement. La création de la chaîne a suivi de peu la
déposition du prince par son fils Hamad bin Khalîfi Âl-Thânî. Certains opposants
évoquent, à ce propos, les relations de la chaîne avec les services de
renseignements étrangers.
Mais quoi qu’il en soit, cette nouvelle chaîne a récupéré, en
grande partie, les membres de l’équipe arabe de la BBC/TV, laquelle, après une
courte période d’expérience télévisuelle, avait dû fermer à cause de la
diffusion d’un film dérangeant pour l’Arabie saoudite, son actionnaire
principal.
Du Qatar à l’Algérie en passant par le Liban, la Syrie et la
plupart des pays arabes, les nationalités des journalistes d’Al-Jazîra sont
variées, lui donnant à une image de chaîne véritablement panarabe. Avec une
information continue qui ne néglige ni l’analyse ni le commentaire, elle
constitue une tentative de création d’un nouvel espace d’expression politique
et sociale sur la scène médiatique arabe: «Remplacer la CNN» s’avère être l’un
des objectifs déclarés par la direction de la chaîne.
En s’appuyant principalement sur un crédit gouvernemental,
Al-Jazîra a obtenu une bonne part de marché dans la publicité, grâce au succès
qu’elle a su recueillir auprès des téléspectateurs des pays arabes et dans les
milieux de l’émigration. Mais elle a vu également ses recettes diminuer, à
cause des pressions saoudiennes sur les plus grandes agences de publicité
arabes et étrangères, lui rappelant ainsi les limites à ne pas franchir.
Afin de contourner cet embargo publicitaire, la chaîne procède
actuellement à la vente de ses programmes. Les reportages réalisés par ses
équipes tendent à devenir la «marque déposée» d’un produit proposé aux autres
chaînes arabes et étrangères. Un apport financier qui représente 65% de ses
revenus.
Ce qui fait la singularité d’Al-Jazîra, ce ne sont pas ces
pratiques, mais bien le non-conformisme politique de ses émissions, sur une
scène arabe qui, jusqu’alors, n’octroyait au débat politique (au sens large)
qu’un espace public embryonnaire et partisan ou dépendant de tel ou tel pays.
Qui sert Al-Jazîra? Quatre ans après le lancement de la chaîne,
il est impossible de répondre à cette question, note l’auteur. Mais on peut
dire, sans erreur, que la chaîne s’est donnée une image d’indépendance, qu’elle
n’hésite pas à griffer les acteurs statutaires de la scène arabe, quels qu’ils
soient, et qu’elle parvient à agréger, dans l’espace de débat «endocentré» qu’elle
construit, l’ensemble de l’opinion publique arabe jusque dans ses diasporas
d’Europe et d’Amérique.
La chaîne instaure, dans l’espace public, un principe de débat
qui n’y avait jamais pris pied. En revanche, il faut bien constater que la
pratique et l’éthique du dialogue restent à construire: le dialogue comme
valeur de réciprocité et vecteur de la légitimité de la différence.
3-2- Dans «La télévision par satellite et société postcoloniale» Ratiba
Hadj Moussa affirme que l’avènement de la télévision par satellite figure parmi
les événements marquants de ces deux dernières décennies en Algérie. Jusqu’au
milieu des années 1980, les Algériens n’avaient accès qu’à la chaîne de
télévision nationale (ENTV) dénommée «l’Unique».
D’abord phénomène urbain réservé aux proches du pouvoir, puis
aux classes moyennes aisées (professions libérales, cadres, professeurs), elle
a progressivement atteint les couches populaires et s’est propagée dans tout le
territoire algérien. Ce déploiement a eu des effets importants sur la manière
de voir, de comprendre et d’interpréter des Algériens.
Après trois décennies de parti unique (1962-1988), l’Algérie est
entrée dans une ère de libéralisation sans liberté, suite à l’échec de ses
programmes économiques et le réveil brutal provoqué par son «refus de
l’économie», son refus de se soumettre à cette primauté, et d’organiser autour
d’elle la vie collective.
Mais cette débâcle n’aurait pas eu les conséquences que nous lui
connaissons si elle n’avait été suivie et même portée par une faillite encore
plus grande: celle du système politique et de l’unanimisme dominant. Les
Algériens faisaient désormais face à la fracture. Or, le renforcement du
mouvement revendicatif qui correspond à la fin du régime du «socialisme
spécifique», n’est pas le fruit d’une génération spontanée.
En contrepartie, «si l’après 1988 a vu le pouvoir politique
déligitimé, c’est qu’un espace avait été ouvert et rendait possible une telle critique.
Cette nouvelle réalité n’a pas été explorée, d’une part parce que le sujet Etat
n’a jamais cessé d’être au centre de la recherche sur l’Algérie et, d’autre
part, parce que la guerre civile a retenu toute l’attention et a forclos une
réflexion plus attentive portant sur ces années-là».
À la suite de «l’ouverture démocratique» des années 88, trois
principaux acteurs se disputent l’espace public. L’Etat, le premier, a un
quasi-monopole sur la radio et la télévision, mais continue à subir la concurrence
d’une presse indépendante.
Puis les islamistes, qui ont su utiliser les médias parce qu’ils
disposaient de moyens considérables leur permettant de propager leur discours,
notamment la cassette audio, les télévisions étrangères et plus tard la
télévision nationale.
Enfin, le troisième acteur de l’espace public est constitué par
l’ensemble des téléspectateurs qui possèdent ou regardent la télévision par
satellite. Ils sont nombreux et échappent à tout contrôle.
En Algérie, la médiatisation contribue à l’émancipation des
esprits, c’est-à-dire à développer une pensée critique. Le domaine politique
n’est pas le seul concerné, les autres dimensions telles que les relations familiales,
intergénérationnelles, entre hommes et femmes le sont aussi.
Les islamistes ont raison de dire que la parabole est satanique.
Elle découvre, rend visible et transparent ce qui était opaque et fermé
auparavant. Elle favorise l’ouverture et la comparaison puisqu’elle met l’autre
en co-présence constante avec le même. Comme si le recours à l’autre devait
donner plus de crédit aux voix qui s’élèvent contre l’injustice et le manque de
liberté. «Elle n’est ni périphérique dans les changements que connaît la société
algérienne, ni centrale, puisqu’elle fait partie d’un tout qui fait osciller sa
valence».
Yahya El Yahyaoui
Rabat, 10 Janvier 2008