1- Le rapport commence par affirmer que
le système éducatif chinois est traditionnellement fondé sur une sélection sévère
et une concurrence acharnée. Il en est de même du système de recherche, qui est
globalement centralisé et contrôlé par le sommet de l’Etat, même s’il comporte
des services déconcentrés en province, l’un des vice-premiers ministres du
Conseil des Affaires d’État étant à la tête du dispositif de recherche et
d’éducation.
Le ministère des sciences et des technologies
(MoST) occupe un rôle central dans l’organisation du système de recherche
chinois. Il définit et met en oeuvre les priorités de la politique scientifique
chinoise, et détermine la stratégie et les grandes orientations scientifiques
du pays. Il agit comme «une agence d’objectifs de la recherche appliquée, mais
aussi en tant que plus grande agence de moyens du pays».
Et le
rapport de noter qu’une partie très importante de la recherche en Chine est
effectuée dans les instituts et les académies. La CAS (Chinese Academy of
Science), la CASS (Chinese Academy of Social Science) et la CEA (China
Earthquake Administration) sont placées sous la tutelle directe du Conseil des
Affaires d’État.
L’Académie
des sciences disposant de laboratoires propres, est tout aussi puissante que le
MoST. A l’international, la CAS est le premier partenaire chinois en matière de
recherche, et a une réputation d’excellence scientifique. «Fortement
structurée, elle est un acteur économique fort du pays, qui favorise la
création d’entreprises au sein de ses instituts. Les autres académies dépendent
de leur ministère de tutelle (santé, agriculture…)».
L’Académie
des sciences est l’institution académique la plus importante du pays. «Elle
joue un rôle primordial dans la recherche fondamentale de haut niveau, dans
l’innovation et le transfert technologique vers l’industrie… Il s’agit de
l’institution chinoise qui se rapproche le plus du CNRS français, avec
toutefois deux différences essentielles : l’absence de laboratoire commun avec
les universités et la non-représentation des sciences humaines».
La CAS,
crée en 1949, est à la fois une académie, au sens d’une assemblée de
personnalités scientifiques, et un organisme de recherche qui regroupe 89
instituts, et assure un rôle de formation au travers d’une université et
d’écoles accueillant les étudiants au niveau du master.
Les cinq
divisions de l’Académie des sciences (mathématiques et physique, chimie,
sciences du vivant, sciences de la terre et sciences technologiques) comptent
au total 707 membres. Elles sont le principal conseiller de l’Etat en sciences
et technologies.
Par
ailleurs, «la gestion des instituts de recherche est actuellement partagée
entre cinq bureaux : recherche fondamentale, sciences du vivant et
biotechnologies, ressources naturelles et environnement, recherche et
développement des hautes technologies, et développement industriel des hautes
technologies».
La Chine
peut, sur ces bases, être considérée comme la troisième puissance scientifique
du monde. «En 2004, elle a consacré plus de 18 milliards d’euros à ses dépenses
de recherche et développement (R&D), contre 15 milliards en 2003 et 13 en
2002».
La Chine
compte aujourd’hui environ 810 000 chercheurs, soit plus que le Japon (680 000)
et presque autant que l’Union européenne (1 million). Les étudiants et
chercheurs poursuivant une activité à l’étranger sont fortement incités à
revenir au pays, via une politique d’aides directes.
En même
temps, le pays occupait, en 2003, le cinquième rang mondial pour la production
scientifique (derrière les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et
l’Allemagne), avec 5,1% des publications internationales. Mais l’impact reste
modeste, car le pays n’occupait à cette date que la dix huitième place pour le
taux de citation de ses publications.
2- Deux axes de développement
caractérisent la politique scientifique du pays, estime le rapport :
- l’un, à
visées stratégiques, concerne surtout la recherche fondamentale,
- l’autre
poursuit une rentabilité économique rapide et relève, par conséquent, de la
recherche appliquée.
Toutefois,
la faiblesse de la recherche fondamentale (avec environ 6% des dépenses) montre
que ce second axe semble avoir été jusqu’ici privilégié. Cette stratégie a
bénéficié, en particulier, aux secteurs de l’énergie, des sciences et
technologies de l’information et de la communication, des sciences de la vie et
des biotechnologies, ainsi que des nouveaux matériaux.
Or,
souligne le rapport, l’un des points majeurs de friction entre la Chine et ses
partenaires étrangers tient au très insuffisant respect par ce pays des règles
de la propriété intellectuelle, la contrefaçon étant largement répandue en
Chine en dépit des mesures prises officiellement par les autorités. Les experts
estiment que 70 % des contrefaçons mondiales proviennent de Chine.