Sommaire de l’ouvrage

  « La mondialisation : communication-monde, ultra-libéralisme planétaire et pensée unique »

de Yahya El Yahyaoui

 

Préface du Professeur Riccardo Petrella

 

 

 

Introduction Générale

I - Mondialisation, nouvelles technologies de  l’information/communication et flux transfrontières : « les nouvelles frontières » de la mondialisation

Chapitre premier : Le phénomène de la mondialisation : un concept, une réalité, une idéologie ?

1-1- La mondialisation : une réalité nouvelle… !

1-2- La mondialisation : un prolongement des tendances passées… !

1-3- La mondialisation : un nouvel âge du capitalisme et du libéralisme… ! 

Chapitre deuxième : Les déterminants économiques ou les facteurs explicatifs de la mondialisation

2-1- Esquisse de caractérisation du phénomène de la mondialisation

2-2-Principaux facteurs explicatifs de la mondialisation

Chapitre troisième : Economie-monde, communication-monde et marché planétaire global : les frontières de la mondialisation

3-1- La mondialisation ou la « nouvelle économie-monde »

3-2-Mondialisation et révolution des technologies de l’information et de la communication

3-3-Mondialisation et montée en force du credo néo-libéral

II - Mondialisation, machine des marchés et poussée du fondamentalisme néo-libéral

Chapitre quatrième :Etats-Nations, logiques de marchés et firmes multinationales : les acteurs de la mondialisation

4-1- La firme multinationale, premier acteur de la mondialisation

4-2- L’Etat-Nation, acteur de la mondialisation ?

Chapitre cinquième : Mondialisation, ensembles régionaux et oligopoles transnationaux

5-1-Oligopoles transnationaux ou les « nouveaux monopoles » de l’ « ère mondialisée »

5-2- Une illustration de la mondialisation : le poids des ensembles régionaux

Chapitre sixième : De la mondialisation de l’ultra-libéralisme : l’exemple des autoroutes de la communication

6-1-Autoroutes et sociétés de l’information à l’ère de la mondialisation

6-2- La « société d’information planétaire » ou la mondialisation de l’ultra-libéralisme

 

III - La mondialisation « universalisée » ou la pensée unique « mondialisée »

Chapitre septième : La mondialisation « universalisée »

7-1- Du cybermonde ou de l’univers de la mondialisation

7-2- Des frontières de la mondialisation… !

Chapitre huitième : Internet ou la « machine mondialisante »

8-1-Internet, un réseau universel

8-2-Internet, la « machine intégratrice »

Chapitre neuvième : La pensée unique « mondialisée »

9-1- De la pensée unique

9-2- De la mondialisation de la pensée unique

IV - Démocratie et systèmes de valeurs à l’épreuve de la mondialisation, des réseaux planétaires et de la pensée unique

 Chapitre dixième : Mondialisation et démocratie de marchés

10-1- La démocratie au risque du marché : la démocratie « privatisée »

10-2- La démocratie au risque de la mondialisation : la démocratie « mondialisée »

Chapitre onzième : Des systèmes de valeurs au défi de la mondialisation

11-1- De la marchandisation des valeurs… !

11-2- Mondialisation et universalisation des valeurs

Chapitre douzième : Mondialisation, glocalisation et « retour » des identités

12-1- Enjeux culturalo-identitaires de la mondialisation

12-2- Le « retour des fondamentalismes » : glocalisation et nationalisme

 

V - Mondialisation, développement, ultra-libéralisme et pensée unique : où en est le Tiers-Monde?

Chapitre treizième : Tiers-Monde, mondialisation et société de l’information

13-1- Le Tiers-Monde face à la mondialisation ou la mondialisation « forcée »

13-2- Le Tiers-Monde et la société d’information planétaire

Chapitre quatorzième : Mondialisation, ultra-libéralisme et développement dans les pays du Tiers-Monde

14-1- De l’appropriation de l’ultra-libéralisme ou le « nouveau chemin du développement »

14-2- Le « développement durable » de la mondialisation

Chapitre quinzième : Tiers-Monde, mondialisation et démocratie

15-1- La mondialisation qui sape la démocratie

15-2- Démocratie et pensée unique dans les pays du Tiers-Monde

Conclusion générale : Quelle mondialisation prôner à l’heure de la mondialisation ?

Références bibliographiques

Liste des schémas et tableaux

 

  Préface du Pr Riccardo Petrella(*) à l’ouvrage « La mondialisation : communication-monde, ultra-libéralisme planétaire et pensée unique de Yahya El Yahyaoui

Au-delà de l’impératif de l’ « adaptation compétitive »

L’opinion la plus largement répandue dans les milieux politiques, socio-économiques et scientifiques au Nord comme au Sud, à l’Ouest comme à l’Est, considère que la mondialisation de l’économie, des marchés, des entreprises, des capitaux constitue, de pair avec la « révolution technologique », liée notamment aux nouvelles technologies d’information et de communication, la source génératrice la plus importante des défis auxquels les sociétés contemporaines doivent faire face, dans tous les domaines à l’aube du XXIe siècle.

Dans cette perspective, le mot clé est « adaptation ».

Il faut, dit-on, s’adapter à la mondialisation actuelle dans les formes qu’elle est en train de prendre (à savoir, dans un contexte de grandissante et totale libéralisation des marchés, déréglementation de l’économie et de privatisation de tout ce qui est privatisable y compris, par exemple les prisons et l’air…).

Il faut, répète-t-on sans cesse, s’adapter aux nouvelles technologies. Ceux qui ne s’adaptent pas, avertit-on, seront éliminés.

La mondialisation actuelle dans le cadre de la « grande révolution technologique mondiale » qui serait en train d’enterrer le XXe siècle et d’enfanter le troisième millénaire, est donnée comme une contrainte irréversible contre laquelle personne ne saurait lutter et par rapport à laquelle le seul choix possible est de l’assumer et de la transformer en opportunités pour soi-même, de manière plus efficace et rentable que les autres.

D’où l’impératif de la compétitivité mondiale. La compétitivité, comme nouvel évangile du nouveau monde mondial à haute technologie, est élevée au rang d’option stratégique inévitable pour toute entreprise, ville, région, pays, Etat. D’où également l’idée que les nouvelles technologies représentent l’instrument le plus puissant et efficace pour assurer et renforcer sa compétitivité mondiale.

Réalisant une remarquable pirouette de rhétorique auto-référentielle, l’opinion dominante commence par donner comme dogmes l’inévitabilité historique de la mondialisation actuelle et le caractère progressiste des usages actuels des « révolutions technologiques », ce qui est tout à fait abusif. Puis, sur cette base, elle en déduit l’inévitable rationalité de l’adaptation comme seul stratégie possible et expression de liberté, pour conclure que la mondialisation de l’économie et les révolutions technologiques en cours sont des objectifs normatifs inscrits dans le sens de l’histoire, l’achèvement desquels devient le défi sociétal global majeur de notre temps.

Bien entendu, l’opinion dominante est consciente des effets particulièrement négatifs qui accompagnent la mondialisation actuelle sur le plan économique, social, politique et culturel, pour ne pas mentionner le plan spirituel, mais elle reste convaincue et dés lors elle prétend que la mondialisation et les nouvelles technologies se traduisent, globalement et dans le long terme, par des résultats positifs.

D’où les deux prescriptions générales qui orientent aujourd’hui la vision dominante :

Première prescription : la mondialisation actuelle, les nouvelles technologies et la compétitivité de tous contre tous, ne sont pas incompatibles avec la justice sociale, la solidarité, le respect des minorités, la démocratie, la reconnaissance de l’autre. Bien au contraire, affirme-t-on, la justice sociale et la solidarité passent par l’adaptation à la mondialisation et aux révolutions technologiques actuelles. La compétitivité est la condition primaire et fondamentale pour assurer la justice sociale et la solidarité.

Deuxième prescription : vouloir une autre mondialisation, différente de la mondialisation actuelle dominée par des principes de l’économie de marché capitaliste libéralisée, déréglementée, privatisée, compétitive et à haute intensité de savoirs et de technologies de plus en plus dites « intelligentes », est irréaliste, idéologique, démagogique.

Car on ne peut pas songer à une mondialisation différente, c’est impossible, utopique.

Les rapports de force au plan mondial ne le permettent pas. Par ailleurs, cela signifierait vouloir revenir soit à un protectionnisme national stérile et suicidaire, soit à un socialisme communiste illébéral qui a démontré sa totale inefficacité.

En outre, il ne faut pas, nous dit-on, être naïf. Nous sommes dans une véritable guerre économique à l’échelle mondiale. Car plus les nouvelles technologies modifient radicalement et inexorablement les donnes de l’économie, contribuant à accentuer et à accélérer les transformations des métiers, des compétences, des avantages comparatifs et compétitifs, de la manière et des lieux de production, de distribution et de consommation des biens et des services, des modes d’organisation et du rôle des marchés financiers, plus le monde est marqué par la course toujours plus serrée à l’innovation, à la concurrence, à la conquête des marchés (des autres) par les plus compétitifs et agressifs sur le plan commercial.

Dans ce cadre, chaque entreprise, chaque pays est obligé de penser à assurer et à renforcer sa propre survie et pérennité en jouant à la fois sur la coopération et la compétitivité.

Ce n’est pas en prêchant la « paix économique » que l’on combattra la guerre économique. Si vis pace para bellum. Pour l’opinion dominante, cet ancien proverbe romain vaut aussi pour l’économie actuelle. Il faut être fort, voire le plus fort, si l’on veut faire prévaloir des solutions plus équitables sur le plan social et humain.

La priorité n’est pas celle de combattre la mondialisation actuelle mais de l’humaniser. Il en va de même des nouvelles technologies. Ce qui compte n’est pas de les arrêter mais de les rendre plus humaines.

Ce n’est pas le moindre mérite de l’auteur du présent ouvrage d’avoir évité de tomber dans le piège de considérer la mondialisation actuelle comme un processus inévitable qui serait inscrit dans le sens de l’histoire des sociétés contemporaines, contre lesquelles la seule liberté qui resterait aux individus, aux villes, aux régions, aux pays et aux continents du monde, serait de s’adapter de la manière la plus compétitive possible pour en sortir mieux gagnant que les autres.

Au lieu de nous présenter un énième ouvrage sur la mondialisation devenue un objet inépuisable de la nouvelle scolastique, académique et politico-idéologique des pays du monde entier, Yahya El Yahyaoui essaie de démontrer les mécanismes théoriques et pratiques à travers lesquels la mondialisation est utilisée par le système dominant en tant que narration rhétorique principale, conjointement avec la narration relative à ladite troisième révolution scientifique et technologique, légitimant les priorités actuelles en matière d’allocation des ressources matérielles et immatérielles de la planète et de redistribution (en faveur principalement du capital mondialisé) des surplus de productivité.

Il est intéressant de noter que Yahya El Yahyaoui ne se limite pas à analyser les conséquences de la mondialisation actuelle pour en souligner, en tant que chercheur ressortissant d’un pays dit en voie de développement, les impacts négatifs et les conséquences dévastatrices sur l’économie des pays les plus faibles et les moins développés de la planète.

Cela aurait été compréhensible mais suspect du point de vue de la rigueur scientifique et analytique. Les critiques formulées par l’auteur à propos de la mondialisation actuelle sont développées à partir d’un discours proposé par les tenants eux-mêmes des pouvoirs du monde développé.

L’auteur fait parler les rhétoriciens de la mondialisation. Le présent ouvrage apporte donc des éléments importants pour bien identifier les pistes alternatives parce que l’auteur montre bien qu’une autre mondialisation est possible. Une autre mondialisation qui ne soit pas inspirée seulement par le souci d’une plus grande qualité dans les rapports commerciaux, technologiques, économiques et politiques entre les divers pays du monde mais également sinon surtout inspirée par la recherche d’une allocation réellement plus efficace des ressources matérielles et immatérielles de la planète capables d’assurer à tous les habitants qui seront sur cette terre en l’an 2020, sa capacité de satisfaire dignement leurs besoins matériels et immatériels, individuels et collectifs, tout en assurant un développement durable inter-générationnel sur le plan environnemental et social.

Il est temps de faire confiance à des travaux sur l’autre mondialisation dans le cadre desquels s’inscrit, à plein titre, « La mondialisation :communication-monde, ultra-libéralisme planétaire et pensée unique ».

L’avenir appartient aux constructeurs des solidarités entre les personnes, les villes, les sociétés, les cultures et non pas aux destructeurs compétitifs dont le seul mérite aura été d’utiliser les ressources de la planète pour éliminer les autres et se trouver puissant gagnant solitaire.

(*)Riccardo Petrella
Professeur à l’Université Catholique de Louvain
Président du Groupe de Lisbonne