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«Les alliances: une nouvelle dynamique pour la recherche»

Biraux. C, Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques, Paris, avril 2011, 95 p.

Transformer la recherche en savoir, le savoir en savoir faire, le savoir-faire en innovation et l’innovation en emplois, tel est le point de départ de ce rapport d'information.

Dans le domaine des sciences du vivant par exemple, le paysage en France (thème du rapport) était fort diversifié : "outre les nombreux organismes spécialisés dans ce domaine, la tendance était de créer un nouvel institut pour chaque nouvelle maladie, comme l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) ou l’Institut national du cancer (INCa), à quoi se sont ajoutés, au fil du temps, les Réseaux thématiques de recherche avancée (RTRA), les Réseaux thématiques de recherche et de soins (RTRS) et les génopôles, cancéropôles, infectiopôles, neuropôles et gérontopôles".

Toutes ces institutions possédaient un conseil d'administration, un conseil scientifique et un comité de pilotage.

L’Alliance pour les Sciences de la Vie et de la Santé, AVIESAN, a été créée pour fédérer ces niveaux.

L’AVIESAN, qui n’est pas une structure nouvelle et n’a pas de statuts, "ne vise pas à se substituer aux structures existantes, mais à simplifier le paysage. Ce n'est pas pour autant un club de discussion. AVIESAN réunit tous les partenaires qui s'occupent de sciences du vivant, notamment l’INSERM et le CNRS… le CNRS fait autant de recherche médicale et de recherche en sciences du vivant que l'INSERM et que l’INSERM fait autant de recherche fondamentale que le CNRS".

Outre ces deux grands partenaires, l'Alliance regroupe également l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) pour la nutrition, l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) pour l'informatique, cette institution consacrant 20% de son budget aux sciences de la vie et de la santé, notamment en matière de télémédecine et de logiciels de traitement d'images, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), avec sa Direction des sciences du vivant, l'Institut Pasteur, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et la Conférence des présidents d'université, sans oublier les hôpitaux, notamment la Conférence des directeurs généraux de CHU.

 Des membres associés ont rejoint l'alliance, comme l'Institut Curie, la Fédération des luttes contre le cancer, l'établissement français du sang, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le service de santé des armées ou l’Institut Télécom. Tous les organismes spécialisés dans les sciences du vivant font désormais partie d’AVIESAN.

AVIESAN est composée de dix instituts thématiques multi-organismes, "regroupant de nombreux universitaires et couvrant aussi bien la génomique que la bio-informatique, la santé publique, l’économie de santé, les neurosciences cognitives, la neurologie, la psychiatrie, l'immunologie ou les maladies infectieuses. Ces instituts sont constitués d'une quinzaine ou d'une vingtaine d'experts travaillant ensemble".

Le rôle de l’alliance AVIESAN est de donner une cohérence à la recherche dans les sciences de la vie et de la santé, comme l'illustre l'élaboration du premier plan stratégique global.

AVIESAN vise également à permettre de définir des positions communes à l'échelle européenne. Il est certes "légitime que chaque organisme puisse se présenter séparément à Bruxelles, mais il importe aussi de présenter à l'Europe, comme du reste aux pays du Sud, une position commune en matière de sciences de la vie de la santé".

Et bien que les chercheurs soient parfois tentés de le lui demander, "le rôle d’AVIESAN n’est pas de prendre en charge le financement de la recherche… Les accords sont signés directement entre les organismes et les universités".

Par ailleurs, le numérique devient de plus en plus une discipline à part entière, et son importance économique et sociale demande une meilleure coordination, le spectre des sciences et technologies de l’information et de la communication étant très vaste: microélectronique et nanoélectronique, informatique, robotique, traitement du signal et de l’image, télécommunications et réseaux, interfaces homme-machine, simulation, mathématiques appliquées, modélisation mathématique.

Il est donc "indispensable que les activités du secteur soient mieux coordonnées", car ce dont il s’agit n’est aucunement de dicter aux chercheurs ce qu’ils doivent faire, mais de définir de grandes thématiques, "dans un processus associant recherche publique et recherche privée".

L’importance de l’innovation dans le secteur des nouvelles technologies numériques implique de coordonner aussi les efforts entre recherche publique et enseignement, car les industriels demandent que les ingénieurs et les docteurs nouvellement diplômés soient en permanence au niveau international "dans cette course de vitesse accélérée à l’évolution technologique".

Formation, recherche et innovation étant intimement liées, d'où cinq principes directeurs:

Premier principe directeur : "la recherche fondamentale reste indispensable à notre société, qui est une société de la connaissance".

Deuxième principe : "la recherche doit être ouverte à la société et à l’économie. L’impératif de compétitivité s’impose à nous. Pour progresser à cet égard, nous devons définir des objectifs concrets à moyen et long terme. Nous devons également promouvoir une société où l’innovation est bien sûr acceptée, mais surtout portée non seulement par la communauté scientifique, mais aussi par celles des entreprises et des citoyens".

Troisième principe : "il faut rechercher une meilleure maîtrise des risques et une plus grande sécurité".

Quatrième principe : "le rôle des sciences humaines et sociales au sein de tous les axes prioritaires doit être majeur".

Enfin, cinquième et dernier principe, corollaire du précédent : "pour permettre les approches les plus innovantes, la pluridisciplinarité est indispensable".

Rubrique « Lu Pour Vous »

16 août 2012

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