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«Débat à Tafraout sur la campagne dans le cinéma marocain »

« Débat à Tafraout sur la campagne dans le cinéma marocain »


Tafraout, 25 août 2012 (MAP) 

"La campagne dans le cinéma marocain" est l'intitulé d'une conférence-débat animée, vendredi à Tafraout, par une pléiade de chercheurs et d'académiciens dans le cadre de la deuxième journée du festival Tifaouine (Lumières), qui se poursuit jusqu'au 26 courant.
D'emblée, le chercheur et critique de cinéma Ahmed Boughaba a mis en exergue la pertinence de cette thématique, qui plus est initiée dans le cadre d'un festival portant le nom évocateur des "Lumières", origine et matière de la création cinématographique.
"En effet, pour des considérations qui diffèrent d'un metteur en scène à un autre, la thématique de la campagne a constamment jalonné l'histoire du cinéma, depuis les frères Lumières jusqu'à nos jours, en passant par le cinéma muet ou les films du Western", a-t-il expliqué.


Dans le cas marocain, a-t-il fait observer, la relation des cinéastes a souvent été émaillée d'une tension conflictuelle faite d'attractions ou de rejets en fonction d'un choix, d'une vision et d'une perspective qui sous-tend le rapport du réalisateur avec tout ce qui se trouve au-delà de la ville.


"Il est curieux de noter par exemple comment les films marocains traitant de la résistance, y compris les plus récents, ont été tous tournés dans les campagnes", a-t-il relevé, citant à titre d'illustration "Les trésors de l'Atlas" de Mohamed Abbazi (1997), "Soif" de Saâd Chraibi (2002) ou encore "Kharboucha" de Hamid Zoughi (2011).


Il en ressort, a-t-il soutenu, que la fascination que continue d'exercer la campagne sur les cinéastes marocains s'est traduite par une meilleure maîtrise du sujet où la profondeur et la force d'un film comme "Alyam, Alyam" d'Ahmed Al Maânouni (1978) n'a rien à envier à l'intelligence du traitement dans "Zeft" de Tayeb Saddiki (1983) ou à l'esthétique de "Mille mois" de Faouzi Bensaidi (2003).


Sur la même lancée, l'expert en communication Yahya El Yahyaoui a donné un aperçu général sur "l'image de la campagne chez le spectateur/récepteur marocain", avec un accent particulier sur la télévision, étant entendu que les frontières entre cinéma et petit écran tendent à s'estomper dans le sillage de la révolution numérique.


A cet effet, l'intervenant a déploré la persistance des stéréotypes qui collent encore à l'image des habitants de la campagne, le rapport saisonnier des médias avec cet espace et avec ses populations, le peu d'intérêt accordé à leurs attentes, préoccupations et aspirations et la prédominance d'une posture médiatique à la limite du mépris vis-à-vis du monde rural.


Les travaux de cette rencontre-débat devraient se poursuivre samedi avec d'autres interventions traitant, entre autres, du "Cinéma amazighe comme vecteur portant la voix de la marge", "La campagne et le cinéma marocain : approche historique", et "La campagne marocaine à travers le dynamisme du cinéma amazighe".


La 7ème édition du festival Tifaouine, initiée par l'Association festival Tifaouine, en collaboration avec la commune d'Ammelne et la municipalité de Tafaroaut et le concours de plusieurs partenaires publics et privés, est placée sous le signe "Plaider pour une ruralité plus attractive".

MAP

25.08.2012

03h00

La thématique de la campagne a jalonné l'histoire

 «La campagne dans le cinéma marocain» est l'intitulé d'une conférence-débat animée, vendredi à Tafraout, par une pléiade de chercheurs et d'académiciens dans le cadre de la deuxième journée du Festival Tifaouine (Lumières), qui se poursuit jusqu'au 26 août

«Il est curieux de noter comment les films marocains traitant de la résistance, y compris les plus récents, ont été tournés dans les campagnes», citant à titre d'illustration, «Kharboucha» de Hamid Zoughi (2011). (Photo : sandrellita.net)

D'emblée, le chercheur et critique de cinéma Ahmed Boughaba a mis en exergue la pertinence de cette thématique, qui plus est initiée dans le cadre d'un festival portant le nom évocateur des «Lumières», origine et matière de la création cinématographique.

«En effet, pour des considérations qui diffèrent d'un metteur en scène à un autre, la thématique de la campagne a, constamment, jalonné l'histoire du cinéma, depuis les frères Lumières jusqu'à nos jours, en passant par le cinéma muet ou les films du Western», a-t-il expliqué.

Dans le cas marocain, a-t-il fait observer, la relation des cinéastes a souvent été émaillée d'une tension conflictuelle faite d'attractions ou de rejets en fonction d'un choix, d'une vision et d'une perspective qui sous-tend le rapport du réalisateur avec tout ce qui se trouve au-delà de la ville. «Il est curieux de noter par exemple comment les films marocains traitant de la résistance, y compris les plus récents, ont été tous tournés dans les campagnes», a-t-il relevé, citant à titre d'illustration «Les trésors de l'Atlas» de Mohamed Abbazi (1997), «Soif» de Saâd Chraibi (2002) ou encore «Kharboucha» de Hamid Zoughi (2011).

Il en ressort, a-t-il soutenu, que la fascination que continue d'exercer la campagne sur les cinéastes marocains s'est traduite par une meilleure maîtrise du sujet où la profondeur et la force d'un film comme «Alyam, Alyam» d'Ahmed Al Maânouni (1978) n'a rien à envier à l'intelligence du traitement dans «Zeft» de Tayeb Saddiki (1983) ou à l'esthétique de «Mille mois» de Faouzi Bensaidi (2003).

Sur la même lancée, l'expert en communication Yahya El Yahyaoui a donné un aperçu général sur «l'image de la campagne chez le spectateur/récepteur marocain», avec un accent particulier sur la télévision, étant entendu que les frontières entre cinéma et petit écran tendent à s'estomper dans le sillage de la révolution numérique.

A cet effet, l'intervenant a déploré la persistance des stéréotypes qui collent encore à l'image des habitants de la campagne, le rapport saisonnier des médias avec cet espace et avec ses populations, le peu d'intérêt accordé à leurs attentes, préoccupations et aspirations et la prédominance d'une posture médiatique à la limite du mépris vis-à-vis du monde rural.

Les travaux de cette rencontre-débat devraient se poursuivre samedi avec d'autres interventions traitant, entre autres, du «Cinéma amazighe comme vecteur portant la voix de la marge», «La campagne et le cinéma marocain : approche historique», et «La campagne marocaine à travers le dynamisme du cinéma amazighe».

La 7e édition du Festival Tifaouine, initiée par l'Association festival Tifaouine, en collaboration avec la commune d'Ammelne et la municipalité de Tafaroaut et le concours de plusieurs partenaires publics et privés, est placée sous le signe «Plaider pour une ruralité plus attractive».

25.08.2012 - 12h26 - MAP

Le Matin, 26 Août 2012

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