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«De l'université à l'emploi»

Hetzel. P et al., Rapport, Limoges, octobre 2006, 110 p.

1- En introduction à ce rapport, les auteurs constatent que l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur se dégrade de plus en plus en France. Ainsi, 3 ans après leur sortie, 11% des diplômés de l’enseignement supérieur sont au chômage. "Un tel taux de chômage des jeunes diplômés du supérieur reste préoccupant alors que, par ailleurs, des emplois nécessitant des qualifications ne sont pas pourvus dans de nombreux secteurs d’activités (industrie, commerce et distribution, banques, services, bâtiment, travaux publics, hôtellerie-restauration, etc.).

Ceci est d'autant plus inquiétant que bon nombre d’étudiants se retrouvent seuls face à la fois à l’université et au monde du travail, seuls pour faire le pont entre ces deux mondes. Il convient peut être, note le rapport, "de proposer aux étudiants un passage progressif de l’université vers le monde du travail en passant d’une vision où le diplôme est considéré comme un couperet, à une vision où le monde de l’emploi est progressivement intégré dans les différents cursus".

Autrement, plutôt que d’avoir une vision dichotomique où l’étudiant acquiert d’abord un diplôme et va ensuite vers le monde du travail, le rapport préconise "une évolution paradigmatique où la question de l’insertion professionnelle serait prise en charge plus en amont dans les cursus universitaires, permettant ainsi une démarche moins brutale, nettement plus progressive vers l’emploi".

Et le rapport de citer les principales contraintes qui pèsent sur l'université et sur le marché de l'emploi :

+ L'absence de sélection à l'accès. Autrement, l’Université accueille la grande masse des bacheliers sans les sélectionner à l’entrée, même si cela est perçu à la fois comme une force et une faiblesse. "Une force parce que l’Université participe pleinement à la démocratisation de l’enseignement supérieur. Une faiblesse car trop d’étudiants ne disposent pas actuellement des informations nécessaires à une bonne orientation, ce qui se traduit par un taux d’échec important notamment en première année. Tout cela pèse sur la réputation de l’ensemble du système et est socialement et économiquement inacceptable".

+ L'insuffisance de l’orientation. En effet, le système actuel de l’orientation est perçu comme opaque, incomplet et créateur d’injustices, car les moins bien orientés sont souvent ceux qui ne sont pas outillés pour faire les démarches.

Ainsi l’échec en première année de l’enseignement supérieur français résulte souvent de problèmes d’orientation. Ce qui se passe en première année universitaire ne peut être déconnecté de ce qui s’est produit au collège et au lycée.

+ Manque de lisibilité, car il existe un très grand attachement aux diplômes. Or ces derniers ont tendance à devenir illisibles pour les étudiants, les employeurs, les universités étrangères, etc. La réforme du LMD, par ailleurs jugée positivement, "semble avoir, de ce point de vue, compliqué un système qui n’était déjà pas simple. Il est indispensable que le dispositif LMD soit mieux explicité".

+ L’institution universitaire se préoccupe peu du sort de ses diplômés. Il convient donc "de bien considérer que l’université a trois missions qui sont complémentaires entre elles : la création du savoir, la diffusion des connaissances et l’insertion professionnelle des étudiants".

+ Au-delà du niveau de chômage des diplômés, c’est la précarité des emplois et la déqualification des diplômes qui fait particulièrement problème, le système de suivi des étudiants depuis leur entrée à l’université jusqu’à leur insertion professionnelle restant très imperfectible.

2- Pour améliorer la relation université-emploi, il est essentiel que les deux systèmes que représentent le système universitaire d’une part, et le marché de l’emploi d’autre part, puissent se rapprocher l’un de l’autre.

Autrement, "les universités doivent développer davantage de partenariats durables avec les milieux socioprofessionnels et accepter que l’un des indicateurs de performance utilisés pour les évaluer soit lié à l’insertion professionnelle de leurs diplômés".

La formation tout au long de la vie est présentée ici comme un fantastique levier d’évolution de la formation initiale car, "si les universités développent leurs actions dans ce sens, elles pourront aisément capter les évolutions sociétales en matière de formation et aussi mettre en place de véritables dispositifs de fertilisation croisée entre la formation continue et la formation initiale".

Rubrique « Lu Pour Vous »

1er Mars 2012

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