Lakrafi. A, Taché. A, Rapport, Sénat, Paris, octobre 2024, 188 p.
La francophonie pour l’auteur, n’est pas un simple héritage. Elle est pour lui « une promesse et un horizon », car « partout, des millions de femmes et d’hommes choisissent le français pour apprendre, innover, travailler et penser librement ».
Et le rapport de rappeler que « la francophonie n’est ni une ligne de budget ni un quota de locuteurs. C’est une politique d’influence et de cohésion, douce mais robuste. Nos lycées, alliances et réseaux culturels sont des sentinelles ; la France en récolte souvent les fruits, quand un ancien élève devient ministre ou négociateur de premier plan ».
Il continue : « dans un monde fracturé, la francophonie doit rester fidèle à ses principes : pas d’ingérence, pas de leçons, mais une main tendue à ceux qui veulent bâtir avec nous, dans le respect ».
La francophonie n’exclut aucune langue, note le rapport. Elle « vit du dialogue et du plurilinguisme, qu’elle voit comme un atout, jamais comme un obstacle ». La francophonie en cela est un « espace géolinguistique » dont il faudrait faciliter les mobilités Nord-Sud et Sud-Sud : « il faut engager le chantier d’un visa francophone commun et supprimer au minimum, dès que possible, l’obligation de visas pour les courts séjours des décideurs politiques et économiques, tout comme des artistes et des chercheurs ».
Il est aussi nécessaire « d’en finir avec toute forme d’impérialisme culturel ».
Aujourd’hui, la francophonie rassemble sur les cinq continents, près de 350 millions de locuteurs, majoritairement plurilingues. A l’horizon 2050, les francophones pourraient être de 500 à 700 millions.
Parmi plus de 7 000 langues dans le monde, la langue française est la cinquième la plus parlée à l’échelle mondiale, après l’anglais, le chinois, l’hindi et l’espagnol, mais également la troisième la plus utilisée dans les affaires et la septième la plus utilisée sur Internet avec plus de 207 millions d’internautes francophones.
L’Afrique représente plus de 50 % des francophones et c’est d’Afrique que provient l’essentiel de la croissance des locuteurs de français.
Si les dynamiques démographiques ont conduit à estimer qu’en 2050, l’Afrique pourrait rassembler près de 85 % des francophones, les évolutions réelles « dépendront en premier lieu de la capacité des systèmes éducatifs à former les nouvelles générations et à les former en français ».
En 2024, le français est la langue de scolarisation pour 93 millions d’élèves dans le monde, c’est-à-dire la langue dans laquelle s’effectuent les apprentissages fondamentaux et celui des disciplines non linguistiques. Les trois quarts de ces élèves sont en Afrique subsaharienne (71,3 millions d’élèves), 17 % en Europe, 3,5 % en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, 2,5 % dans les Amériques et moins d’1 % en Asie et en Océanie.
Le poids du seul Maghreb est considérable, puisque l’Algérie, le Maroc et la Tunisie totalisent plus de 17 millions d’apprenants de français langue étrangère.
Rubrique « Lu Pour Vous »
23 octobre 2025